En voilà un qui n’a pas froid aux yeux. Hasan Söylemez, jeune aventurier turc de 35 ans, parcourt depuis un an et demi les routes du continent africain à vélo. Il a traversé le Sahara et les zones humides d’Afrique de l’Ouest, en passant par les bidonvilles les plus pauvres du Liberia et du Sierra Leone. Son objectif ? Montrer un autre visage de l’Afrique, positif et porteur d’espoir, là où l’actualité du continent est souvent déprimante.

Journaliste et documentariste turc, Hasan Söylemez a atterri au Maroc en janvier 2017. De là, il a enfourché son vélo et commencé sa traversée des 54 pays du continent, qu’il espère achever en cinq ans. Aujourd’hui à Ouagadougou, au Burkina Faso, il a parcouru 8 500 kilomètres et traversé 12 pays.

Sur sa route, il filme les paysages, les villes et surtout les gens qu’il rencontre. Lors de ces interviews improvisées, il pose toujours la même question : “quel est ton plus grand rêve ?”. Les réponses, plus ou moins modestes, “en disent long sur leur vie, leur pays, leur passé et comment sera leur avenir”, détaille le cycliste.


 

"Je veux déconstruire les clichés sur l'Afrique"

Il y a énormément de préjugés sur l’Afrique et les Africains, dans le monde entier. Je savais déjà que l’Afrique ne se résumait pas à ce dont on parle dans les journaux : les guerres civiles, la famine, les maladies, la faune sauvage … L’un de mes objectifs à travers ce voyage et ces vidéos est de déconstruire ces clichés.

Malheureusement, beaucoup de gens croient toujours que l’Afrique est un seul “pays”, peuplé d’hommes et d’animaux dangereux. Évidemment, il y a une différence considérable entre cette Afrique et celle que je vois de mes propres yeux.

Pour montrer le vrai visage du continent, je me suis demandé ce qui accrochait ses quelque 1,2 milliard d’habitants à la vie. Une des réponses ? Leurs rêves, leurs espoirs, ce qui les motive à surmonter les épreuves. En leur demandant de me dire quel est leur plus grand rêve, j’essaie de comprendre et de faire comprendre au monde les Africains dans toute leur diversité.

Pour mettre en avant cette diversité, je m’attache par exemple au fait qu’ils répondent dans leur langue maternelle. Parce que l’une des choses qui m’a le plus surpris et étonné quand j’ai commencé ce voyage était le grand nombre de langues, parfois différentes d’un village à l’autre. Aussi, il était incroyable de voir que la plupart des gens parlent couramment deux ou trois langues.

Hasan parle turc et anglais, et essaie de communiquer dans ces langues ou avec des rudiments de français, d’arabe et de portugais appris sur la route. Il dit parler beaucoup avec ses mains et utilise des questions pré-traduites pour ses interviews.
 
Les personnes que je rencontre sont souvent surprises de me voir arriver dans leur village. Mais toujours de façon très sympathique. Ils ne sont pas habitués à voir un homme blanc se promener ainsi à vélo. Les hommes blancs qu’ils voient sont généralement à bord de 4x4 qui passent à toute vitesse. Moi je m’arrête à chaque fois et je discute avec eux. J’écoute leurs histoires et leurs rêves et je les filme.

Par la force des choses, ce jeune journaliste turc documente par ailleurs l’état des routes africaines. Celles-ci sont parfois très dégradées ou disparaissent subitement, tant et si bien qu’il doit pousser son vélo, 70 kilos bagages compris.


Las, après 1 400 kilomètres de traversée du Sahara, il a par exemple préféré grimper dans un train. Ce qui lui a permis de parcourir plus rapidement la Mauritanie.


Hasan Söylemez prépare ce voyage depuis longtemps et a économisé pendant plusieurs années pour se le permettre. Il a également fait appel à quelques sponsors et bénéficie sporadiquement de l’aide administrative des ambassades turques pour obtenir des autorisations de tournage.

En fonction de la météo, de l’état des routes et de la fatigue, il parcourt 10 à 100 kilomètres par jour. “Mais je ne suis pas pressé, je vis au jour le jour et je pédale à mon rythme”, conclut-il avant de reprendre la route depuis Ouagadougou vers le Ghana.
 
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