Des tomates coupées en deux et vendues dans des barquettes recouvertes d’un film plastique, des bananes emballées individuellement dans de petits sachets en plastique… Sur les réseaux sociaux, de nombreux consommateurs dénoncent régulièrement le suremballage des produits – notamment des fruits et légumes bios – en France et ailleurs. Une manière d’interpeller les magasins sur leurs pratiques et de soulever le débat autour de l’utilité de tels emballages.

À la mi-juillet, un internaute a posté deux photos sur Twitter, prises dans un supermarché Géant Casino. L'une montrait des tomates coupées en deux et vendues dans des barquettes en polystyrène recouvertes d’un film plastique. La seconde photo montrait d’autres fruits et légumes découpés, épluchés et emballés de façon similaire. "La nature est bien faite, il fallait bien la défaire", a ironisé cet internaute, proche du parti de la France insoumise et basé à Annemasse, dans l’est de la France.


Ses photos ont été retweetées plus de 2 200 fois et ont suscité plus de 250 commentaires. Certains internautes ont jugé que ces emballages étaient "aberrants". Mais d’autres ont également indiqué que ces produits pouvaient être "pratiques" pour les personnes ayant des problèmes de motricité.

Un argument toutefois battu en brèche par le groupe Casino, qui a indiqué à France Info qu’ils n’étaient pas destinés aux personnes handicapées, mais plutôt aux consommateurs souhaitant cuisiner plus rapidement. Deux semaines plus tard, l’internaute ayant posté ces photos a indiqué que les tomates coupées en deux avaient disparu des rayons.

 

Le suremballage des produits bios, principale cible des critiques en France


Les supermarchés Géant Casino ne sont pas les seuls à se faire épingler par les internautes concernant le suremballage, en témoignent les photos ci-dessous. Les critiques ciblent principalement les produits bios : de nombreux internautes jugent ainsi que le plastique et la cellophane sont aussi nocifs pour l’environnement que les pesticides.
 

Des saucissons dans un supermarché Lidl, à Paris.

Un paquet de gâteaux bios acheté dans un supermarché Carrefour, à Paris.

Des fruits et légumes bios dans un supermarché du groupe Casino, à Pau, dans le sud-ouest de la France.

Photo prise à Toulouse, dans le sud de la France.

Des fruits et légumes bios dans un supermarché Carrefour, à Paris.


Contactée par la rédaction des Observateurs de France 24, l’association Bio Consom’acteurs explique :

Dans les grandes surfaces, les produits frais bios sont très emballés pour éviter qu’ils ne soient contaminés par les produits non bios. De plus, on peut penser que c’est également pour éviter la tricherie, lorsque les clients pèsent les fruits et légumes qu’ils veulent acheter. [Par exemple, il est possible de peser des pommes bios sur la balance, mais d’appuyer sur le bouton correspondant aux pommes non-bios, pour que le prix soit moins élevé, NDLR.] Mais nous regrettons ce suremballage, et la loi n’avance pas à ce niveau-là...


L’Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique (dite Agence Bio) précise :

Pour l’instant, la réglementation européenne en agriculture biologique porte sur le mode de production, de transformation, de distribution et d'importation des produits biologiques. Mais elle ne porte pas sur la question des emballages. Pourtant, c’est une question fondamentale, notamment pour les distributeurs, car c’est bien souvent l’emballage qui garantit la traçabilité et le non mélange entre produits biologiques et non biologiques.

Le suremballage, une problématique globale

La question du suremballage ne concerne toutefois pas uniquement la France, puisque des internautes le dénoncent également dans d’autres pays, à l’instar de ceux-ci-dessous.
 

"Un autre exemple d’emballages non nécessaires…. Peler des carottes pour les vendre sous plastique. Le meilleure emballage des fruits et légumes ; c’est leur propre peau ! Comme ne pas entendre ça ?", écrit cette internaute, qui a pris cette photo dans un supermarché Eltit, à Villarica, dans le sud du Chili.

"Un emballage ridicule. Ces photos proviennent d’Indonésie, mon terrain de thèse. Comme si on avait besoin d’encore plus d’inondations dues au plastique qui obstrue nos cours d’eau et égoûts", écrit cette autre internaute.

Une banane photographiée à Osaka, au Japon. "Mais à Tokyo, c’est la même chose", a précisé cet internaute à notre rédaction.

"Je n’arrive pas à croire ce suremballage de Marks & Spencer."

Là encore, les tweets de certains internautes ont parfois permis de faire réagir les grandes enseignes. En 2016, la chaine Whole Foods Markets, qui distribue des produits bios aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, a retiré de la vente des mandarines pelées et emballées dans de petites boites en plastique, disponibles dans certains magasins du nord de la Californie, à la suite d'une publication retweetée plus de 100 000 fois.


"Si seulement la nature pouvait trouver une façon de couvrir ces oranges pour que l’on n’ait pas besoin de gaspiller autant de plastique sur elles."

Sur les réseaux sociaux, des associations ou encore de simples citoyens lancent d’ailleurs régulièrement des campagnes pour dénoncer le suremballage alimentaire, comme par exemple #DesnudaLaFruta ("Déshabille le fruit") ou #RidiculousPackaging("Emballage ridicule").

 

Cet article a été écrit par Chloé Lauvergnier (@clauvergnier).