Une vidéo virale de supporters de la Seleçao encourageant une jeune femme étrangère à scander avec eux des chants sexistes fait beaucoup de bruit depuis sa diffusion, le 16 juin. Face au tollé, les autorités brésiliennes ont même ouvert une enquête.

Si certains supporters s’illustrent sur les réseaux sociaux en nettoyant leurs tribunes, d’autres se font plutôt épingler… pour leur machisme. Depuis samedi 16 juin, les images de supporters brésiliens entraînant une jeune femme à répéter des propos dégradants circulent sur les réseaux sociaux. Entourée d’au moins quatre hommes vêtus du maillot jaune de l’équipe brésilienne, cette jeune femme, qui ne parle visiblement pas portugais, est incitée à chanter "buceta rosa !" ("ch**te rose !" en portugais).


Au Brésil, les images ont rapidement été condamnées, notamment par des personnalités féminines. "Ce n’est pas drôle, c’est du machisme, de la misogynie et c’est honteux, totalement honteux", a ainsi dénoncé sur Instagram le mannequin Fernanda Lima, qui avait présenté le tirage au sort du Mondial 2014.

La presse brésilienne s’est également fait l’écho de l’incident, révélant par la même occasion l’identité de trois des hommes apparaissant sur la vidéo. Deux ont ou ont eu des responsabilités publiques : le premier est avocat et ancien secrétaire du Tourisme du Sport et de la Culture d’Ipojuca, une ville de l’État de Pernambouc. Le deuxième est lieutenant de la Police Militaire de Santa Catarina, au sud du pays. Son commandement a d’ailleurs déjà annoncé qu’il ferait l’objet d’une procédure disciplinaire pour "ce type d’attitude incompatible avec la profession".

Le dernier est ingénieur civil et a été, pour le moment, le seul à s’exprimer à ce sujet dans la presse afin de "s’excuser auprès de toutes les femmes".

Un guide publié pour éviter les débordements

L'incident a eu une telle répercussion que les autorités brésiliennes, qui rappellent avoir publié un "guide consulaire" avec des recommandations pour éviter tout débordement, ont ouvert une enquête.

Le ministre brésilien des Sports, Leandro Cruz Fróes da Silva, s’est lui aussi fendu d’un commentaire, assurant que le comportement de ces fans était une "honte pour tout le pays".

Le Brésil pourrait être d’autant plus embarrassé qu’il ne s’agirait pas d’un cas isolé. Depuis le début de la semaine, de nouvelles vidéos apparaissent sur les réseaux sociaux, impliquant toujours des supporters brésiliens en train de ridiculiser des étrangers. L’une d’entre elles montre par exemple un Brésilien se filmant en train de faire répéter à un groupe de filles "eu quero dar a buceta para vocês" ("je veux vous donner ma ch**te").


À son tour, le jeune homme en question a été identifié par son employeur, la compagnie aérienne LATAM Brésil, qui a indiqué sur Twitter avoir pris les "mesures appropriées, conformément à son code d'éthique et de conduite".

"L'entreprise va-t-elle prendre des mesures à l'encontre de l'employé impliqué dans la vidéo misogyne et sexiste pendant la Coupe du monde ?", demande un internaute. Réponse de LATAM Brasil : "Nous confirmons que le garçon qui apparaît dans la vidéo fait partie de nos employés et que nous suivons l'affaire. L'entreprise informe qu'elle a pris les mesures appropriées conformément à son code d'éthique et de conduite".

"Je suis homo"

Dans une troisième vidéo, un autre supporter brésilien tout sourire fait quant à lui dire à un jeune étranger "je suis un homo" ou "je suis un fils de p**e".

Capture d'écran de la vidéo.

De quoi faire réagir également en Russie où la juriste et activiste Alena Popova a lancé une pétition en ligne pour demander au ministère de l’Intérieur russe de se saisir de ces cas de harcèlement.

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