Les sacs en plastique non-biodégradables seront interdits au Bénin à partir du 1er août 2018. D’ici là, une ONG béninoise s’organise pour proposer une alternative durable, peu chère et facile à fabriquer soi-même. Leur sac écolo cherche notamment à convaincre les vendeurs ambulants de nourriture, grands consommateurs de sachets jetables.

L’Assemblée nationale béninoise a voté le 3 novembre 2017 une loi interdisant intégralement (production, importation, exportation, commercialisation, détention, distribution, utilisation) de sachets en plastiques non biodégradables. Selon notre Observateur, cette loi entrera en vigueur au mois d’août 2018 et toute contravention sera passible "d’une amende de 10 à 20 millions de francs CFA [15 000 à 30 000 euros] et d’un emprisonnement de trois à six mois" pour les entreprises productrices ou importatrices.

Des alternatives aux sachets sont déjà disponibles, par exemple des sachets biodégradables importés de pays étrangers comme la Turquie.

Mais notre Observateur Henri Totin, président de l’ONG Jevev – une association écologiste basée dans la vallée de l'Ouémé (sud-est), a choisi de promouvoir une alternative locale, peu chère et facile à réaliser soi-même : les sacs en papier recyclé. Dix volontaires de son association produisent aujourd’hui environ 200 sacs par jour.

 

"Le recyclage permet de proposer un sac moins cher aux commerçants précaires"

Nous nous sommes rendus à la COP23 en novembre 2017, quand la loi était en débat à l’Assemblée, et nous avons vu toutes les innovations sur les sacs biodégradables. En rentrant, nous avons choisi de nous inspirer de techniques d’emballages ancestrales, notamment de nourriture, qui utilisaient les feuilles de bananier, de tek ou du papier journal.

Une étape importante du processus de recyclage : le nettoyage et l’assainissement des papiers
 
Nous avons donc décidé de travailler avec du papier déjà utilisé, notamment celui des sacs de ciment - que nous utilisons par ailleurs pour conditionner notre "compost magique".

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Notre Observateur a filmé a le procédé de transformation, que la vidéo ci-dessous permet de comprendre :

Le recyclage nous permet de faire l’économie des matières premières, et donc de proposer un produit moins cher aux commerçants les plus précaires, comme les vendeuses des marchés ou à la sauvette. Ces dernières utilisent des milliers de sachets plastiques par jour pour emballer leurs produits et nos rues sont jonchées de plastique. En août, elles devront changer leurs habitudes et nous voulons les accompagner.

Plusieurs femmes, notamment des vendeuses ambulantes de plats à emporter, posent après une formatione donnée par l'ONG Jevev.

Et pour cette raison, nous organisons, en partenariat avec le gouvernement, des formations pour leur donner gratuitement nos prototypes, mais surtout leur apprendre à les fabriquer elles-mêmes. Grâce à leurs retours, nous avons même amélioré notre modèle de sachet en ajoutant un film biodégradable à l’intérieur, adapté aux repas gras ou juteux.

Plusieurs pays africains ont interdit les sacs plastiques avant le Bénin, notamment le Kenya, le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Togo, le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Rwanda ou le Maroc, rapporte Geopolis.

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