L’élection présidentielle vénézuélienne aura lieu le 20 mai prochain. Les électeurs devront désigner leur futur président en sélectionnant son nom et son visage sur l’écran d’une machine, où apparaîtront tous les candidats. Candidat investi par dix partis politiques, le président actuel Nicolás Maduro apparaîtra donc… à dix reprises sur l’écran. De quoi faire grincer des dents de nombreux internautes, alors que ce dernier est régulièrement accusé de dérives autoritaires.

Le 3 mai dernier, le Conseil national électoral – CNE, l’organisme chargé de superviser les élections – a révélé le modèle de présentation des candidats qui apparaîtra sur l’écran des machines qui seront utilisées le jour de la présidentielle. Les électeurs seront invités à sélectionner le nom et le visage du candidat de leur choix. Puis un justificatif de vote sera imprimé, qu’ils déposeront dans l’urne.

Nicolás Maduro apparaîtra pas moins de dix fois sur cet écran, puisqu’il représentera dix formations politiques distinctes, à commencer par la sienne, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV). Cette multitude de visages du président sortant a suscité un certain nombre de commentaires critiques sur les réseaux sociaux.

"Quelle honte ce bulletin, [il faut] voter nul, [et faire des] gribouillages sur tous", écrit cette internaute sur Facebook.

"Donc sur la première ligne, le dictateur, sur la deuxième ligne, le dictateur, et sur la troisième ligne, le dictateur et les autres. On dirait un jeu de cartes sorti d'un album Panini (...)", écrit cette autre internaute sur Facebook.


Un autre candidat, Henri Falcón, apparaîtra toutefois également à quatre reprises sur l’écran : il s’agit d’un ancien chaviste passé dans l’opposition, principal adversaire de Nicolás Maduro. Autres candidats indépendants : Luis Alejandro Ratti et Javier Bertucci, deux pasteurs évangéliques, et Reinaldo Quijada, un ingénieur.

La principale coalition d’opposition, la Mesa de la Unidad Democrática, a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour qu’elle soit crédible et transparente. Un point de vue partagé par le Parlement européen notamment.

Nicolás Maduro est régulièrement accusé de dérives autoritaires par l’opposition, de même que par des gouvernements étrangers. Initialement, cette élection présidentielle devait d’ailleurs se tenir en décembre prochain, mais le pouvoir a avancé la date du scrutin, empêchant ainsi l’opposition de se mettre d’accord pour désigner un candidat susceptible de faire le poids face à Nicolás Maduro, alors que ses principaux opposants sont hors-jeu en raison de condamnations judiciaires.

Ce n’est toutefois pas la première fois que Nicolás Maduro apparaîtra à plusieurs reprises sur l’écran des machines de vote, puisque cela s’était déjà produit lors de la dernière présidentielle, en 2013. De même, le visage d’Henrique Capriles, l’une des principales figures de l’opposition, condamné à quinze ans d’inéligibilité, est déjà apparu à plusieurs reprises sur les écrans, tout comme celui d'Hugo Chávez, le prédécesseur de Nicolás Maduro.