Lassés de voir des voitures garées sur les trottoirs et les voies piétonnes, ce qui peut les mettre en danger, plusieurs habitants de la capitale macédonienne, Skopje, ont décidé d’interpeller les autorités sur les réseaux sociaux, en publiant des photos et des vidéos des incivilités repérées près de chez eux.

À Skopje, les places de parking sont rares. Alors pour stationner, les automobilistes empiètent sur les trottoirs, obligeant les piétons à marcher en plein milieu de la route.

Le 16 avril, un habitant de Skopje a donc décidé de lancer sur Twitter le hashatag #ЈавенПростор (#EspacePublic) pour interpeller les autorités, comme le rapporte le site Global Voices Online, qui a repéré cette campagne. "J’ouvre le hashtag #EspacePublic et je laisse les photos parler d’elles-mêmes", a-t-il indiqué dans son tweet (ci-dessous), accompagné d’une série de photos de voitures garées sur des trottoirs.



Son initiative a rapidement été suivie par d’autres internautes et suscité l’intérêt de la presse locale et internationale. L’ONG de lutte contre la pollution de l’air Skopje Smog Alarm a également rejoint la campagne.

Traduction : "L’#EspacePublic n’est pas disponible dans notre pays."

Traduction (en substance) : "Les personnes handicapées doivent-elles voler ?"

Traduction : "L’#EspacePublic dans la commune de Kisela Voda [une des dix municipalités spéciales qui constituent la ville de Skopje, NDLR]".

Traduction : "L’#EspacePublic dans la rue Nikola Parapunov à Karpos 4 [quartier d’une municipalité de Skopje, NDLR]".

Traduction : "Une petite contribution pour #EspacePublic".

Traduction (en substance) : "Pas de problème, les patients trouveront un moyen. #EspacePublic".

D’autres internautes ont également repéré des terrasses de restaurants occupant toute la largeur du trottoir.

Traduction (en substance) : "À droite, c'est une rue. Un grand espace ouvert pour les voitures. À gauche, c’est ce qu’il reste pour tous les autres. Bon, pas grand-chose".

Traduction : "Question pour la Ville et le ministère de l’Intérieur : 1. Que se passerait-il si le restaurant occupait 100 % de la largeur de la rue au lieu de 100 % de la largeur du trottoir ? 2. De combien de temps auriez-vous besoin pour l’enlever de la rue ? Et pourquoi n’utiliseriez-vous pas le même laps de temps pour l’enlever du trottoir ? #EspacePublic".

"Les forces de l'ordre doivent punir les contrevenants"

Ana, une architecte de 33 ans qui vit à Skopje, a participé à la campagne. Elle espère que cette mobilisation sur les réseaux sociaux fera réagir les autorités.

La campagne, qui concerne l’espace public à Skopje et en général en Macédoine, entend dénoncer phénomène des véhicules qui se garent où ils veulent, sans jamais se préoccuper des piétons, des cyclistes, et surtout des personnes en fauteuil roulant. La municipalité est silencieuse à ce sujet. Cette situation n’est pas nouvelle, mais elle s’est aggravée au cours des dernières années et de nombreux parcs et zones piétonnes sont progressivement devenus des lieux de stationnement gratuits.

Traduction du tweet d'Ana : "Comment arrivez-vous à dormir la nuit ? [à l’adresse la Ville de Skopje, NDLR]."

Les barrières qui sont censées empêcher les voitures de stationner sont même vandalisées. Nous souhaitons simplement que la municipalité donne la priorité aux espaces publics et mette en place de meilleures barrières afin que les voitures ne puissent pas se garer sur les trottoirs. Les forces de l’ordre doivent punir les contrevenants. Ce n'est pas la première fois que nous interpellons les autorités à ce sujet, mais cette campagne est la première à avoir été aussi suivie et commentée.


Traduction (en substance) : "Il n’y a pas assez d’officiers de police pour mettre des amendes aux voitures garées sur le trottoir. Ils sont tous très occupés".

Partout dans le monde, les réseaux sociaux permettent aux habitants des grandes villes de s’insurger contre les incivilités. Au Sénégal, un photographe avait lancé l’an dernier le projet "Save Dakar" ("Sauver Dakar") sur Facebook et Twitter. Chaque jour, il publiait des photos illustrant l’occupation illégale de l’espace public, la disparition des espaces verts ou l’insalubrité de sa ville. En mars 2017, un de nos Observateurs à Téhéran en Iran avait lui aussi partagé plusieurs photos pour dénoncer le manque d’accessibilité de sa ville aux personnes en situation de handicap.