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L’invention avait déjà essaimé à Kinshasa depuis 2013. Depuis janvier, un exemplaire est également à l’œuvre dans les rues de Goma, au nord-est de la République démocratique du Congo : alimenté par des panneaux solaires, un robot régule la circulation sur l’un des principaux ronds-points de la ville. Une initiative dont se réjouit notre Observateur car elle permet d’éviter les abus policiers.

Installé sur le rond-point "Airtel", le robot est l’un de ceux de la société "Robot roulage intelligent" créée par Thérèse Izay Kirongozi et l’association congolaise d’ingénieurs Women’s technology. Avec leurs 3 600 mouvements par jour, ils permettent de remplacer les agents de police affectés au trafic. Ils sont alimentés par des panneaux solaires.

Vidéo : Alain Wandimoyi

Installé début janvier à Goma, le robot a connu quelques désagréments dans les premières semaines de son fonctionnement, comme le raconte notre Observateur Alain Wandimoyi, photographe qui vit dans la capitale du Nord-Kivu.

"Les policiers prenaient le temps qu’ils voulaient pour rançonner et ça ralentissait le trafic"

Ce robot a été installé au début de l’année, mais moins d’une semaine après, des petits voleurs avaient dérobé une de ses batteries. Elles sont nourries à l’énergie solaire, donc évidemment, ici c’est intéressant.

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Du coup, la machine a été bloquée. Elle a été réparée, a fonctionné un mois avant d’avoir un autre problème technique : la batterie ne supportait pas la demande en énergie du robot. Il s’est à nouveau passé une semaine sans que le robot ne fonctionne. On lui a donc ajouté un autre panneau solaire, une autre batterie ; il y a désormais une batterie côté est, une autre côté ouest, et ça fonctionne du lever au coucher du soleil.

Un batterie supplémenaire est ajoutée au robot. Vidéo: Alain Wandimoyi.

 

Ce robot est vraiment bénéfique : la circulation est beaucoup plus fluide. Avant, les policiers régulaient la circulation et certains rançonnaient carrément des automobilistes. Ils prenaient le temps qu’ils voulaient et ça ralentissait le trafic. Ce sont les conducteurs de moto qui étaient le plus visés, notamment quand ils stationnaient sur le rond-point : ils pouvaient se faire demander jusqu’à 10 000 francs congolais [environ 5 euros]. Le robot a permis d’y mettre fin et les usagers sont contents.

Selon le gouvernement provincial au Nord-Kivu, l’installation a couté en tout 25 000 dollars [environ 20 200 euros]. Plusieurs villes africaines se sont montrées intéressées par l’invention.

Article écrit en collaboration avec
Corentin Bainier

Corentin Bainier , Journalist