Depuis sa sortie en salle le 29 janvier,  le film de super-héros "Black Panther", qui met en scène une civilisation africaine imaginaire, fait un carton au box-office. Et est visiblement une source d’inspiration pour les comptes d’extrême droite sur les réseaux sociaux américains, qui ont multiplié les intox depuis trois semaines.  

Plusieurs de ces comptes ont ainsi prétendu que des spectateurs blancs auraient été frappés par des Noirs au motif qu’ils n’avaient pas à assister à la projection d’un film dont le casting est majoritairement constitué d’acteurs noirs. C’est totalement faux.

Par exemple, ce tweet prétend qu’à l’occasion d’une projection, un homme a éclaté une bouteille en verre sur le visage d’une jeune femme, hurlant qu’elle était "dans le mauvais cinéma ". Une simple recherche inversée sur cette image permet d’en trouver l’origine : en copiant-collant son adresse URL dans Google images, on constate que plusieurs articles sont consacrés à cette jeune suédoise agressée en janvier en boîte de nuit.

Plusieurs utilisateurs de Twitter ont été vigilants et ont dénoncé l’intox. De même que celle-ci : cette femme n’est pas une spectatrice qui se serait retrouvée avec ce cocard sous l’œil droit après avoir voulu assister à une séance du film "Black Panther".

C’est en réalité l’ex-femme d’un ancien conseiller de la Maison Blanche, accusé de violences envers ses deux anciennes épouses, et la photo a été révélée par CNN.   
 

Des tweets dénoncent les intox et sont partagés des milliers de fois


Il y a également cette photo, relevée par Konbini. Postée par un compte Twitter prétendant que cette femme a été défigurée après qu’elle se soit vu notifier que "les Blancs n’étaient pas autorisés" à regarder "Black Panther", elle est en fait celle d’une femme tabassée par son conjoint en octobre 2016.

D’autres comptes ont posté des photos moins choquantes mais tout aussi fausses, comme ce mouchoir imbibé de sang, relève BuzzFeed.

Twitter a fait suspendre la plupart des comptes ayant posté ces fausses informations – d’où le fait que les tweets d’origine ne soient plus visibles.

Ce genre de techniques de l’alt-right (extrême droite) américaine est classique, et on peut se réjouir de voir le nombre de tweets dénonçant ces grossières tentatives de manipulations. Il faut d’ailleurs noter les milliers de retweets du compte @trapafasa qui a dénoncé l’une de ces intox, un niveau de partage largement supérieur à celui de l’intox d’origine. Fait rare, et plutôt encourageant.