Avez-vous déjà entendu parler des "poupées sexuelles" ? Sur Whatsapp et Facebook, les photos de ces jouets sexuels ultra réalistes font un carton, attisant convoitise, curiosité, ou mise en garde sur fond de morale religieuse. Au point que certaines pages africaines, surfant sur la vague, n’hésitent pas à propager de fausses informations à leur sujet.

Comme le note Jeune Afrique, la page "Rumeurs de Ouaga" a ainsi affirmé, le 22 janvier dernier, que des poupées sexuelles étaient en vente sur le grand marché de Ouagadougou, au Burkina Faso.


"Poupée chinoises grandeur nature, 1m65 déjà disponible au grand marché de Ouagadougou avec kpêtou [vagin, NDLR] trop réaliste, une véritable miss dans votre lit. Elles s'arrachent comme de petits pains. Déjà 11 mille exemplaires vendus en moins de deux semaines", peut-on lire sur la page Facebook "Rumeurs de Ouaga".

La publication de la page a été partagée plus de 330 fois. Dans les commentaires, plusieurs personnes semblent croire que des poupées gonflables sont bien en vente à Ouagadougou, et ce malgré le nom de la page Facebook. D’autres s’indignent de la vente de ces jouets sexuels.

Or, l’information est complètement fausse, comme le révèle Jeune Afrique. Aucun commerçant n’a vu de telles poupées sur le marché de Ouagadougou et le ministère du Commerce a démenti avoir donné des autorisations pour l’import de tels produits.
 
"On a voulu créer un buzz, juste pour voir la réaction des gens"

Interrogé par la rédaction des Observateurs de France 24, un administrateur de la page a confirmé que cette publication était volontairement fausse. "On a voulu créer un buzz, juste pour voir la réaction des gens. On a inventé cette histoire de toutes pièces", précise-t-il.

Par ailleurs, les photos utilisées pour appuyer la rumeur sont toutes des images prétexte, facilement trouvables sur internet en faisant une recherche sur les "poupées sexuelles" ou les "poupées gonflables". En faisant une recherche inversée, on s’aperçoit que les images utilisées sont partout en ligne, et qu’elles n’ont donc pas été prises sur les étals du marché de Ouagadougou.


Cette rumeur, qui a entraîné de très vives réactions sur les réseaux sociaux, s’est propagée dans plusieurs pays de la région, comme le Togo. Dans le groupe Togo Info, plusieurs publications s’amusent de ce "phénomène", et demandent aux internautes ce qu’ils en pensent.


La rumeur se serait aussi répandue à Douala, Abuja, Dakar et Abidjan, selon Jeune Afrique.

Les réactions sont généralement négatives, dénonçant d’une dépravation des mœurs, mais certaines sont au contraire très positives. Plusieurs internautes masculins se réjouissent ainsi de la possibilité d’avoir une "femme" à disposition, qui "ne les vole pas" et qu’ils n’ont pas besoin de draguer… Au final, aucune preuve n’existe sur une possible vente de ces poupées dans ces pays.
Togo /  Burkina Faso /  Intox /  sexe /  Côte d'Ivoire