À Abidjan, en Côte d’Ivoire, les pneus usagés jonchent les rues, et servent de nid aux moustiques, porteurs du paludisme. Un jeune artisan autodidacte a décidé de leur donner une seconde vie. Entre ses mains, ils sont transformés en poufs, tables et fauteuils et vendus à des particuliers ou des commerçants.

Dans les rues d’Abidjan, le problème des déchets est à la fois grave et récurrent. Leur amoncellement est responsable du développement de maladies, et également de l’aggravation des inondations. Parmi ces déchets, des pneus usagés, que Basétégé Kamagaté, 33 ans, convertit depuis 2016 en meubles colorés et soignés.

Il en fait la promotion sur sa page Facebook, et rencontre ces derniers jours un succès ... virtuel : il reçoit des centaines d’appels et de messages sur Whatsapp ou Viber. Mais, concrètement, une seule personne lui a passé commande …

Un miroir dont le cadre a été réalisé avec un pneu réutilisé.

"Je me débrouille avec les moyens du bord"

J’étais déjà sensibilisé à l’écologie et je voyais tous ces pneus joncher les rues d’Abidjan. Je regardais leur forme et je me suis dit qu’on pourrait en faire quelque chose d’intéressant. C’était il y a deux ans, j’en ai ramassé un paquet et j’ai essayé de les transformer en tabourets. J’ai acheté quelques outils et je me suis lancé.

J’ai eu mon premier client au bout de six mois, c’était la responsable d’une laverie pour voiture qui m’a acheté 12 tables. Je commence aujourd’hui à vivre modestement de cette activité.

Ce coiffeur a commandé plusieurs meubles à Kazonature, et une décoration de Nöel faite en pneux et gobelets jetables réutilisés.
 
Je tiens à maintenir des prix relativement abordables, entre 20 000 [30 euros] et 85 000 [129 euros] francs CFA, justifiés par l’utilisation de matériaux de bonne qualité pour habiller les pneus : bois tourné à la main, mousse et textiles de qualité, choisis par le client.

Une table basse de Kazonature utilisée comme mobilier de jardin, à Abidjan.
 
Un pouf en pneu réutilisé, habillé de tissu.
 
Je n’ai pas les moyens de faire de la publicité, je compte donc exclusivement sur les réseaux sociaux et mes quelque 4 500 amis sur Facebook. Grâce à eux, je suis devenu un "artisan recycleur" un peu connu, j’espère pouvoir développer mon entreprise.

Si vous souhaitez contacter Basétégé Kamagaté, rendez vous sur la page Facebook de son entreprise : Kazonature