La vidéo a été vue par plusieurs milliers de personnes depuis sa diffusion le 19 décembre. Elle montre cinq policiers syriens qui tuent à main nue et même à coups de dents plusieurs animaux vivants. La scène a choqué sur les réseaux sociaux, les utilisateurs s’indignant de la "barbarie des policiers d’Assad". La police syrienne est cependant loin d’être la seule à faire usage de ces méthodes sauvages…

La vidéo a été filmée durant la cérémonie de fin d’une session de formation, qui a eu lieu mardi à l’école de police de Tartous, une ville du nord-ouest de la Syrie, en présence du ministre de l’Intérieur. Cent policières et policiers ont participé à cette session qui a duré 45 jours. Sur l’extrait partagé sur les réseaux sociaux, on voit cinq hommes en pantalon de combat et torses nu tenir entre leurs mains des animaux vivants –un serpent, un lapin, un pigeon…-, qu’ils tuent à tour de rôle, en les étranglant, les tordant, les mordant…

 

Des images qui passent à la télé


Les images de la vidéo sont choquantes, la rédaction des Observateurs de France 24 a fait le choix de n’en montrer que quelques captures d’écran :

Quelques captures de la vidéo où l'on voit trois policiers tuer des animaux à tour de rôle.

L'un d'eux assomme une poule sur sa jambe.

Malgré la violence de ces images, des extraits ont été diffusés au journal télévisé de la chaîne syrienne Sama (au début de la vidéo amateur, on voit en effet un cameraman professionnel filmer la même scène). 

La vidéo amateur a donné lieu à des commentaires indignés d’internautes choqués ou ironisant sur la manière qu’ont les policiers syriens d’être "en symbiose avec la nature". Ces derniers sont également insultés et qualifiés de "sous-développés".

Une pratique répandue…

Mais la police du régime syrien est loin d’être le seul corps de forces de sécurité à tuer des animaux à mains nues dans le cadre d’exercices d’entraînement ou de démonstration.

On retrouve en effet les mêmes pratiques, images à l’appui, dans des pays comme le Liban, le Koweït, l’Égypte ou encore la Libye. Les exercices de démonstration font ainsi partie "du folklore ", dans le but de prouver la force et la résistance des policiers ou des militaires, lors de défilés ou de cérémonies publiques. Mais les candidats doivent aussi faire leurs preuves durant les entraînements, où ils sont censés se mettre dans des conditions extrêmes, comme le fait de se retrouver dans une forêt et de devoir économiser leurs munitions pour survivre.

C’est ce qu’explique entre autres un instructeur durant un exercice de démonstration des forces spéciales égyptiennes ou les instructeurs des officiers koweitiens.

Ces pratiques sont régulièrement dénoncées dans différents organes de presse du monde arabe, ainsi que sur les forums.

…et pas seulement dans le monde arabe

Par ailleurs, ces pratiques choquantes sont loin d’être l’apanage des forces de sécurité dans le monde arabe. En Europe et en Amérique du Nord, des organisations de défense de la cause animale se sont à plusieurs reprises insurgées contre les mauvais traitements réservées aux animaux durant les exercices d’entraînements militaires. L’association PETA dénonce notamment la persistance de certains pays "dont les Pays-Bas, les États-Unis, le Danemark et le Royaume-Uni" à "pratiquer des exercices archaïques et contraires à l’éthique utilisant des animaux vivants".

Parmi ces pays, le Royaume-Uni est régulièrement pointé du doigt. Les militaires britanniques s’entraînent notamment sur des cochons vivants, qui sont utilisés comme cibles, poignardés ou dont les os sont brisés durant les entraînements.