Le tremblement de terre qui a frappé l'ouest de l'Iran, le 14 novembre, a fait 474 morts. Il est considéré comme le plus meurtrier dans le monde en 2017. Au milieu des ruines, des habitants manquent de tout : eau, nourriture, médicaments. Le gouvernement, le Croissant rouge et l'armée ont organisé les premiers secours, mais les Iraniens se sont aussi mobilisés eux-mêmes, dans un élan de solidarité impressionnant, orchestré sur les réseaux sociaux.

Le séisme, qui a atteint une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter, a touché de nombreuses villes et villages de la région de Kermanshah, à la frontière irakienne, détruisant entre 20 % et 100 % des constructions, selon les localités.


Néanmoins, le service de messagerie Telegram et le réseau social de photos Instagram, très populaires en Iran, ont sans doute permis d'éviter que le bilan ne soit plus lourd encore. Des messages ont été relayés pour identifier des survivants, faire connaître des besoins à des endroits précis et organiser l'acheminement de produits de première nécessité. Et ils ont aussi été les relais de quelques beaux gestes de solidarité.


"Le tremblement de terre a honte de la gentillesse de la patrie", est-il écrit sur cette pancarte.


Dans la vidéo ci-dessous, une famille d'un village près de Kermanshah refuse l'aide d'urgence proposée par un volontaire, selon qui elle lui aurait demandé de continuer sa route : "Nous avons assez ici, il y a d'autres villages le long de la route qui ont plus de besoins que nous et qui sont plus difficiles d'accès, donnez-leur à eux" ont-ils dit.

De même, un autre volontaire affirme ci-dessous avoir donné deux paquets de couches à une femme avec son bébé, et que celle-ci n'en a pris qu'un, l'enjoignant à donner l'autre "au village suivant" :



Les Iraniens se précipitent pour donner leur sang... 

Peu après le tremblement de terre, les banques de sang ont annoncé avoir un besoin urgent de sang, notamment de groupe O. Les Iraniens ont répondu par centaines à l'appel : de longues files d'attente se sont formées devant les centres de don du sang, notamment à Téhéran ou Qom, où certains ont patienté des heures avant de pouvoir donner leur sang.

À peine 24 heures après leur appel, les banques de sang ont fait savoir que leurs réserves de sang de groupe O étaient passée de 5 % à 17 % des réserves totales, ce qui était largement suffisant.
 

... et les sportifs pour vendre leurs médailles

Plusieurs médaillés olympiques et paralympiques iraniens ont eux décidé de mettre aux enchères leurs médailles et de reverser l'argent aux victimes de la catastrophe, à l'image de Sara Javanmardi, une athlète paralympique double médaillée d'or, et Kianoush Rostami, champion olympique d'haltérophilie en 2016.

Néanmoins, malgré la forte mobilisation des Iraniens, la région touchée par le tremblement de terre continue de manquer de biens de première nécessité. Nos Observateurs craignent par ailleurs qu'après la première vague d'aide, les autorités oublient trop vite la région et n'engagent pas rapidement la reconstruction.

Le 15 novembre , le gouvernement iranien a annoncé qu'il donnerait à chaque famille de victimes entre 5 et 6 millions de tomans (entre 1 000 et 1 200 euros) pour les besoins quotidiens, et allouerait par famille, pour la reconstruction, des prêts allant de 25 à 30 millions de tomans (de 7 150 à 9 180 euros) à des taux bas.

 

Article écrit en collaboration avec
Alijani Ershad

Alijani Ershad , Journaliste