Notre Observateur au Sénégal Mandione Laye Kembé a récemment relayé des photos montrant des panneaux publicitaires renversés. Les affichages sauvages prolifèrent au Sénégal, surtout à Dakar, et cette anarchie menace la sécurité des riverains, déplore celui qui a lancé une campagne globale contre les incivilités au Sénégal.

Au Sénégal, le marché de la publicité n’est pas régulé et il arrive souvent que les entreprises, notamment celles spécialisées dans l’agroalimentaire, implantent elles-mêmes leurs panneaux publicitaires, sans passer par une agence de publicité. Une loi censée encadrer cette activité a été promulguée en janvier 1983, mais les décrets d’application n’ont jamais été signés… Conclusion : chacun fait comme bon lui semble et la capitale sénégalaise est envahie par les panneaux publicitaires en tous genres, surtout que le dynamisme économique du pays favorise l’émergence d’une classe moyenne, cible de ces publicités, comme l’explique Jeune Afrique.

Or, ces objets sont le plus souvent sommairement fabriqués et implantés : ils menacent de tomber au moindre coup vent. Dans ce tweet relayé en fin de semaine dernière par notre Observateur, on peut voir justement deux panneaux publicitaires qui ont rompu.



Cette image postée sur Save Dakar montre un panneau qui s’est effondré récemment dans la capitale sénégalaise.


Sur cette photo, on voit un panneau vantant une boisson, éventé dans la ville de Rufisque, à 30 km à l’est de Dakar.

"Pendant la saison des pluies, une trentaine de panneaux sont tombés"

Mandione Laye Kembé est photographe. En juin 2017, il a lancé Save Dakar, un projet visant à documenter en images les atteintes à l’environnement et les incivilités au Sénégal.

Les panneaux publicitaires sont implantés partout et n’importe comment, sans aucune considération la sécurité des citoyens.

Pendant la saison des pluies cette année, entre le mois de juin et celui d’octobre, une trentaine de panneaux sont tombés à cause des fortes rafales de vent, à Dakar et aux alentours. Heureusement, cela survenait le plus souvent durant la nuit et il n’y a pas eu de victimes.

Ces panneaux sont fabriqués par des artisans en menuiserie métallique. Ils ne sont pas résistants. Et les marchands ambulants se mettent souvent devant pour vendre leurs marchandises. C’est très dangereux, car on voit bien qu’ils peuvent leur tomber dessus à n’importe quel moment.

Les autorisations pour implanter ces panneaux sont délivrées par les mairies, de façon anarchique. En plus de l’insécurité, ils génèrent une importante pollution visuelle. Il y en a une centaine rien qu’entre la ville de Maleka, où j’habite [à une trentaine de kilomètres de la capitale], et le centre de Dakar. C’est trop !

En juillet 2017, le préfet de Dakar a en annoncé l'interdiction de l’implantation des panneaux publicitaires à l’intérieur des ronds-points.


Panneaux publicitaires à Dakar.

Sur les Observateurs ->> À Dakar, des photos prises sur le vif pour dénoncer les incivilités du quotidien