Des centaines d’hommes, armés notamment de bâtons et de barres, ont attaqué l’immeuble du Parement régional kurde dimanche à Erbil, alors que le président de cette région irakienne autonome venait d’annoncer sa démission. Une étape supplémentaire dans la tension que connait le Kurdistan irakien depuis le référendum d’indépendance du 25 septembre.

Massoud Barzani a annoncé dimanche 29 octobre qu’il ne présiderait plus la région à compter du 1er novembre. Sa décision fait suite à la perte par les combattants kurdes de la quasi-totalité des territoires qu’ils contrôlaient depuis 2013 et que l’armée irakienne leur a repris.

Sa décision a été acceptée par 70 députés, 23 ont voté contre. Conformément à la demande de Massoud Barzani, les députés ont ensuite discuté de la répartition des pouvoirs présidentiels entre le gouvernement et le Parlement. C’est à ce moment que des manifestants pro-Barzani sont entrés dans le bâtiment, pour "punir", selon les propos rapportés par des médias locaux, les députés qui avaient accepté la démission du président, et comme le montre cette vidéo postée sur Twitter.


Des députés se sont barricadés dans leur bureau. À l’extérieur, des journalistes ont été pris à parti, comme cette équipe de la chaine kurde NRT.

Dans certaines vidéos, on entend des balles tirées dans la nuit mais aucune information ne faisait état, ce lundi, de blessés.


À Zakhou, une ville du nord de la région proche de la frontière turque, des locaux des partis Goran et PUK, des opposants de Massoud Barzani, ont été brulés par des manifestants. Le Conseil de sécurité du Kurdistan a condamné ces actes de violence et promis de poursuivre leurs auteurs.


Le deuxième mandat de Massoud Barzani à la tête de la région autonome du Kurdistan irakien avait pris fin en 2013, mais l’organisation État islamique (EI) étendait alors son territoire et il avait vu son mandat prolongé de facto. Il avait été l‘architecte, fin septembre, du référendum sur l’indépendance de sa région, où le "oui" l’a très largement emporté.

Mais le vote a marqué le début d’une période trouble : en représailles, l’armée irakienne a mené des offensives, essentiellement dans des zones proches du Kurdistan irakien tenues par les forces armées kurdes à la faveur de victoires sur l’EI. Parmi les territoires disputés, il y a avait notamment la région de Kirkouk, à une centaine de kilomètres au sud d’Erbil, reprise par l’armée irakienne le 20 octobre.

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