Et si on vous offrait sur votre page Instagram une vidéo d’un présumé combattant de l’organisation État islamique, capturé par un de vos admirateurs ? C’est en somme ce qu’a fait un Gardien de la révolution, lundi 9 octobre : sur la page Instagram d’un humoriste iranien, il a envoyé des vidéos le mettant en scène avec un jihadiste, qu’il humilie. Confirmant par la même occasion que des soldats iraniens sont engagés au sol en Syrie ou Irak, ce que Téhéran dément toujours.

En Iran, Seyed Jalal, alias Dooblor, est une petite star d’Instagram, où il publie des vidéos de doublages humoristiques, aussi bien sur des vidéos animalières que des discours de Donald Trump. Il compte 150 000 personnes le suivant sur le réseau social. Parmi lesquelles, sans doute, ce Gardien de la révolution, engagé en Syrie ou en Irak [il n’est pas précisé où la vidéo a été tournée] et qui a décidé de remercier l’humoriste... à sa façon. Seyed Jalal a publié une "story" avec les vidéos qui lui avaient été envoyées et ses réponses

Sur la première, on voit le soldat tenant sa victime, et qui dit : "Seyed Jalal, on a capturé un petit membre de l’EI pour toi. Regarde mec, il ne peut pas faire sa merde. Il ne peut rien faire. Cher Sayed Salal, je t’aime”.

Dans la deuxième vidéo, le Gardien de la révolution oblige sa victime à répéter le nom de la page "Dooblor" à plusieurs reprises.

Dans une troisième vidéo, on voit que Seyed Jalal demander à son admirateur de donner de l’eau au prisonnier. Le présumé jihadiste se voit alors effectivement offrir à boire, et dit en arabe : "Merci mille fois".

Voici un montage des trois vidéos :


Seyed Jalal a également écrit sur la vidéo qu’il supprimerait rapidement la "story", précisant : "Cet homme a pris les vies de beaucoup de gens, mais regardez, il est comme une souris en cage, après que les gars l’ont arrêté".

De nombreuses vidéos montrent des humiliations commises sur des membres de l’EI par des soldats syriens ou irakiens. Mais c’est la première fois qu’une vidéo émerge en montrant des Gardiens de la révolution dans ce genre de pratique.  Téhéran continue d’affirmer qu’aucun combattant iranien ne se trouve en Irak ou en Syrie.