Le match opposant l’Iran et la Syrie pour les qualifications du mondial de football 2018, mercredi 5 septembre, a mis en colère les Iraniens, mais surtout les Iraniennes. La police de Téhéran a en effet laissé plusieurs supportrices syriennes entrer dans l'Azadi Stadium, dont certaines non voilées… alors qu'aucune femme iranienne n'y a été autorisée.


Le match comptait pour la qualification à la Coupe du monde de football qui aura lieu en Russie l’année prochaine. La Syrie et l’Iran ont fait match nul 2-2, un résultat qui laisse la possibilité à la Syrie de se qualifier, si elle bat l’Australie lors d’une double confrontation en octobre, sucitant une explosion de joie dans le pays, et le délire du commentateur. L’Iran est pour sa part déjà qualifiée.


Mais c’était plutôt en dehors du terrain et dans les tribunes qu’il fallait regarder : comme souvent, des femmes iraniennes s’étaient réunies autour du stade pour protester contre l’interdiction faites aux supportrices d’assister à des matches masculins. Aucune loi ne leur interdit d’y entrer, mais la police veille systématiquement à ce qu’aucune femme n’ait accès à ces compétitions depuis la révolution islamique de 1979.

Des supportrices "insultées" par cette décision

Comme cela est prévu par le règlement de la FIFA – qui oblige à laisser les supporteurs des équipes visiteuses, sans exception de sexe, à entrer dans les stades, sous peine de sanctions – la police iranienne a donc autorisé l'accès à quelques supportrices syriennes dans le stade, juste sous les yeux des fans iraniennes.

Une situation jugée "insultante" par de nombreux internautes iraniens surtout à la vue d’images publiées sur les réseaux sociaux montrant des femmes sans hijab ou des hommes en short dans le stade. Pour les supporteurs iraniens, la police aurait ainsi démontré un comportement de "deux poids, deux mesures".


Cet Iranien explique : "La semaine dernière, je revenais de vacances, et la police m’a demandé pourquoi je portais un short”.. Alors que sur l’image ci-dessous, on peut voir plusieurs supporteurs syriens portant des pantalons courts.


Cet Iranien se lamente : "Les femmes syriennes peuvent regarder un match, même sans voile, mais les femmes iraniennes doivent rester devant la porte".


Selon cette internaute, “la police a dit à une femme [iranienne] “prends un drapeau syrien, et tu pourras entrer”. Et d'ailleurs selon d’autres activistes iraniens, au moins une jeune femme iranienne serait cependant entrée dans le stade grimée en supportrice syrienne.

Une obligation selon les règles de la FIFA, mais…

Beaucoup d’internautes ont estimé que le cas des supportices syriennes révélait une hypocrisie au grand jour : les Gardiens de la révolution justifient régulièrement leur intervention dans la guerre en Syrie comme un "devoir envers la population musulmane", défendant notamment les sites chiites et les "valeurs islamiques " contre l’extrémisme. Des valeurs cependant beaucoup plus flexibles, selon ces internautes, lorsqu’il s’agit de laisser l’accès aux supportrices adverses, notamment non voilées.

Ce n’est pas la première fois que des femmes, ou des hommes, manifestent contre l’interdiction faite aux femmes d’assister à des matches d’hommes et inversement. Nous avons évoqué à plusieurs reprises des affaires en lien avec cette interdiction. Pour en savoir plus, cliquer sur les liens ci-dessous.


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Article écrit en collaboration avec
Alijani Ershad

Alijani Ershad , Journaliste