L’ouragan Irma a commencé à balayer les Antilles ce mercredi matin, remontant progressivement depuis Antigua-et-Barbuda vers le nord-ouest. C’est un phénomène "d'une intensité sans précédent dans l'Atlantique", selon Météo France, avec des vents allant jusqu’à 360 km/h, qui a contraint les habitants à rester confinés chez eux, d’où certains ont filmé le déluge.

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Dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 septembre aux heures locales, Irma est arrivé sur l’île française de Saint-Barthélemy, puis sur Saint-Martin, une île divisée entre une partie française et une partie néerlandaise. C’est dans cette dernière que se trouve en ce moment notre Observatrice Loren Ann. Elle vit en Floride et est en vacances avec des amies. Sur son profil Facebook, elle a raconté avec plusieurs vidéos live l'avancement de la tempête. Un témoignage qui permet de suivre étape par étape l'évolution du phénomène.

Dans cette vidéo tournée mardi soir, elle montre les premières vagues venant s’échouer sur le rivage et note qu’elles sont "de plus en plus fortes". 


Quinze minutes avant que le cyclone ne touche Saint-Martin, elle évoque un "vent dément" qui commence à faire rentrer l’eau dans la chambre d’hôtel.



Et quelques minutes plus tard, c’est le déluge dehors. C’est à ce moment que Loren Ann nous décrit la situation en direct.


Quand l'ouragan est arrivé, les murs tremblaient, le vent hurlait, la pluie pénétrait à travers les portes coulissantes. Tout ça faisait le bruit d’un train lancé à pleine vitesse. Avec mes amies, nous occupons deux chambres. L’une a pour l’instant plutôt bien résisté, mais dans l’autre, ce n’est pas la même chose : les fibres de verre et les matériaux d’isolation se sont décrochés.
 
Loren et ses amies sont ensuite convoquées à un étage inférieur pour des consignes. Elle peut prendre des photos lors d’une brève accalmie. "Des voitures sont détruites, un toit s’est effondré", nous explique-t-elle.


Deux de ses amies préfèrent rester avec les autres résidents, mais Loren Ann et deux autres choisissent de retourner dans leur chambre. L’hôtel leur a conseillé de se terrer dans la salle de bain. Comme le montre cette vidéo, la chambre a pris l’eau. Et l’œil du cyclone n’est à ce moment pas encore passé sur Saint-Martin. Loren Ann explique que des matelas vont lui être fournis, qu’elle devra installer contre les baies vitrées.


Nous actualiserons cet article dès que nous aurons d’autres nouvelles de notre Observatrice.

Sacs de sable et premières inondations

De la Guadeloupe à Saint-Martin, d’autres habitants des Antilles ont documenté en direct l’ouragean et ses consésquences. À Saint-Martin, cet habitant s’est fabriqué des sacs de sable qui devaient lui servir de barricade.

Getting ready for Irma #irma #sandbag #digging #teamwork #antigua #coconutgrove #besafe

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Les images qui suivent ont été filmées mardi en fin d’après-midi, non loin d’un embarcadère à Pinel, une petite île située à 170 mètres de Saint-Martin. À bord de sa voiture, un homme tente de s’éloigner des eaux qui commencent à envahir la route. "C’est un truc de malade", lance-t-il mi-inquiet mi-amusé.


Les vidéos ci-dessous ont été postées sur Facebook par un habitant de Philipsburg, la capitale de la partie néerlandaise de Saint-Martin, dans la nuit de mardi à mercredi, peu de temps avant le passage de l’ouragan. Se tenant sur le seuil de sa maison, Carlos Dollison décrit avec inquiétude les eaux qui commencent à inonder sa rue. "J’ai même vu trois poissons passer."


Quelques heures plus tard, la situation s’est encore dégradée dans ce quartier. Ici, Carlos Dollison filme une maison qui vient de prendre feu juste en face. Dans un deuxième post Facebook, il indiquera plus tard que la maison adjacente s’est à son tour embrasée.

"La maison craque dans tous les sens"



Hervé Meunier, un habitant de Marigot, dans la partie française de Saint-Martin, a diffusé un Facebook en plein cyclone. Il est environ 6 h du matin quand il filme : "J'entends la maison qui craque dans tous les sens, (…) la baie vitrée gondole", dit-il angoissé alors qu’il ne cesse de faire des allers-retours dans la maison pour vérifier que le toit et les portes n’ont pas cédé.


Une fois l’ouragan passé, cette vidéo montre les premiers dégâts visibles à Saint-Martin.

À Saint-Barthélémy, les dégâts s'annoncent également conséquents. Selon Météo France, "des impacts majeurs" sont à déplorer sur Saint-Matin et Saint-Barthélemy, où la mer a "déferlé avec une extrême violence" sur les rivages et où il y a "submersion majeure des parties basses du littoral".