Un groupe d’une quinzaine d’hommes a attaqué le marché central de Zando à Kinshasa vendredi 14 juillet vers 13 h. Essentiellement munis d’armes blanches, ils ont fait au moins deux morts, un policier et l’administratrice du marché. Des témoins sur place joints par la rédaction des Observateurs de France 24 sont choqués de voir une attaque d’une pareille violence se produire au cœur de la capitale de la RD Congo.

Selon plusieurs témoignages sur place, dont une source policière, recueillis par RFI et la rédaction des Observateurs de France 24, une quinzaine d’hommes sont arrivés sur le marché Zando en début d’après-midi. Tous portaient un bandeau rouge autour de la tête. Ils se déplaçaient en file indienne, avaient des armes blanches, couteaux et machettes. L’un avait une arme à feu, un "fusil de guerre" selon un témoin.

Ils se sont dirigés vers le bureau de l’administratrice du marché qu’ils ont abattue. Ils sont ensuite ressortis, ont mis le feu à un cachot, une petite cellule qui contenait des prisonniers, lesquels se sont échappés. Dans la panique générale, les hommes ont continué leur chemin et abattu ensuite un policier, avant de s’emparer de son arme. Ils ont ensuite incendié un poste de police et ont pris la fuite à bord de leur véhicule.

 
Sur ces images, des gens s'enfuient dans le quartier proche du marché après l'attaque.

 
Marcel (pseudonyme) faisait ses courses dans le marché lorsque l’attaque est survenue.

J’étais dans une boutique, quand tout à coup, des gens sont rentrés en courant dans la boutique où je me trouvais en disant : ‘Fermez vite ! Il y a une attaque en cours !’

J’ai pu regarder dehors, et j’ai vu une dizaine de personnes avec des bandeaux rouges au loin avec des armes blanches, comme des machettes, qui marchaient en bande. Nous nous sommes barricadés pendant plusieurs dizaines de minutes, avant de pouvoir sortir et nous enfuir. Sur le chemin, je n’ai vu aucun blessé, et je n’ai entendu aucun tir.

Depuis, c’est un peu la psychose à Kinshasa. Les gens ne comprennent pas trop ce qu’il s’est passé, et dans le contexte des élections qui viennent d’être encore repoussées [l’élection présidentielle doit avoir lieu avant fin 2017, et a été repoussée le 7 juillet, NDLR], et nous nous demandons si cette attaque va justifier la déclaration d’un état d’urgence et le nouveau report des élections."

Selon des temoins : il s'agit d'un groupe de 6 Hommes habillés comme des adeptes de Bundu dia Kongo qui ont fait...

Publié par Kitsita Ndongo Rachel sur vendredi 14 juillet 2017

Selon des témoins sur Twitter, plusieurs personnes auraient été blessés dans leur fuite. Cependant, aucun élément ne permet pour l'instant d'attester que les civils ont été visés.
Johnny (pseudonyme) était à 100 mètres du marché lorsqu’il a vu des gens courir partout.

C’était la débandade. J’ai vu des gens courir dans tous les sens, et les magasins se fermer les uns après les autres. Des femmes criaient ‘il y a les bandeaux rouges !’ et ont vu des policiers blessés à terre.



Dans les artères perpendiculaires au marché, le trafic est devenu trop dense avec tous les gens qui essayaient de fuir. Plusieurs personnes ont dû abandonner leur véhicule pour pouvoir fuir à pied.

En fin d’après-midi, le quartier du marché était totalement bouclé, et des militaires et policiers y circulaient avec des armes lourdes. Tous les magasins avaient fermé, c’était comme un quartier fantôme, alors qu’il est généralement très animé le vendredi soir à l’approche du week-end.



Le 10 juin, des hommes avaient attaqué de façon similaire le parquet de Matete, un quartier de l’est du Kinshasa, tuant une policière, et permettant la libération de trois détenus.

Simultanément, une attaque visait un commissariat de police non loin du parquet, et des véhicules avaient été incendiés. Le 17 mai, la prison de Makala, la grande prison de Kinshasa, avait elle aussi été attaquée, ce qui avait provoqué l’évasion de nombreux détenus.