À Lorette, une petite ville du département de la Loire, la mairie a inauguré la semaine dernière un nouveau site de baignade de 4 000 m2 au bord de la rivière du Dorlay. Mais le règlement est clair : pas question de jouer au football, d’apporter sa bouée ou son tuba, d’écouter de la musique, ni… d’être une femme portant le voile.

Le logo, le deuxième de la rangée du haut en partant de la gauche, est pour le moins étonnant. Il semble représenter le visage d’une femme voilée, barré d'un trait rouge. Et le règlement mis en ligne par la ville ne laisse pas de doute possible. Il y est très clairement écrit que les usagers doivent adopter une "tenue correcte", ce qui exclut les "monokini, burkini, voile dissimulant partiellement ou totalement le visage, combinaison".


"Tout manquement à cette disposition implique l’expulsion immédiate […] des contrevenants", poursuit le texte, qui déroule ensuite une longue liste des pratiques à proscrire allant d'apporter une bouée à... "mâcher du chewing-gum" en dehors des "aires de détente et de repos".


Des arrêtés anti-burkini invalidés

Ces interdictions ont fait bondir les associations de lutte contre les discriminations. La "Maison des Potes 42" a déjà fait savoir son intention de porter plainte et d’interpeller le préfet de la Loire, comme le rapporte Activradio.

L’été dernier, le Conseil d’État avait suspendu un arrêté municipal anti-burkini [contraction de "bikini "et "burqa ", une tenue de bain intégrale] pris par la ville de Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, faute de "risques avérés "pour l’ordre public. La décision avait ainsi invalidé les interdictions similaires formulées par une trentaine d’autres communes côtières.

La légalité du règlement du site de Lorette pose donc question. Contactés à ce sujet, le maire et les adjoints de la mairie de Lorette n’ont pas donné de suite aux sollicitations de la rédaction des Observateurs de France 24.

"Le Ramadan doit se vivre sans bruit"

Gérard Tardy, le maire de cette ville de près de 4 700 habitants, a visiblement un problème avec les habitants de confession musulmane. En juin 2016, l’élu divers droite avait fait diffuser sur les panneaux électroniques municipaux des messages indiquant : "Le Ramadan doit se vivre sans bruit", ou encore "La République se vit à visage découvert ".


Trois ans plus tôt, l’édile avait également fait polémique après avoir estimé que le centre social de la ville accueillait trop d’enfants "de souche musulmane".