"Outrage à la pudeur" : c’est l’accusation qui pèse sur plusieurs Tunisiens qui s’aventureraient à manger ou boire en public pendant le ramadan. Et cela en agace certains : dimanche 11juin, une centaine de personnes a manifesté à Tunis pour demander le droit, pour ceux qui le souhaitent, de ne pas respecter le jeûne. Une première en Tunisie.

La manifestation a été organisée par le collectif Fater ("non-jeuneur"), avec le mot d’ordre et hashtag #Mech Bessif soit : "pas par la force". Le collectif s’est illustré ces dernières années en réclamant le droit de se nourrir et de boire en public pendant le ramadan pour les non-jeûneurs. La manifestation du 11 juin se voulait un pique-nique de soutien à quatre jeunes, arrêtés à Bizerte le 1er juin, alors qu’ils étaient en train de manger, boire et fumer dans un parc. Ils ont été condamnés à un mois de prison. Le procureur général du tribunal de première instance de Bizerte avait estimé qu’ "ils n'avaient qu'à manger dans un autre endroit à l'abri des regards et ne pas tenter de semer la haine entre les gens".

Fater a publié des photos et vidéos de la mobilisation sur sa page Facebook :


Pour ne pas respecter le jeûne, faut-il se cacher ?

Chaque année la question se pose en Tunisie, où la législation laisse toutes les interprétations possibles : il n’y a pas de loi interdisant de consommer en public, mais la Constitution garantit "la liberté de croyance et de conscience de chacun" alors que l’État est également le "gardien de la religion".

Finalement, à part les grands hôtels internationaux et quelques rares restaurants de lieux touristiques s’aventurent à ouvrir en journée, avant la rupture du jeûne. À tout moment, une intervention de la police est possible, quand ce n’est pas celle d’un citoyen un peu trop zélé.

C’est aussi ce que dénonce Fater sur sa page Facebook, où le collectif n’hésite pas à faire la pub des bars et restaurants qui ouvrent en journée.




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