Il se filme totalement ivre au volant de sa Ferrari, provoque un accident, puis se moque de l’agent venu faire un constat. Ce jeune fils d’une famille de notables marocains, visiblement pour le moins insouciant, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 avril, à Rabat. Postée sous forme de snaps – sur le réseau social Snapchat – cette vidéo d’une minute trente montre le jeune homme en train de déboucher une bouteille de champagne dans sa Ferrari, puis dansant sur une piste de discothèque.

Et puis quand il provoque un accident au petit matin, il n’hésite pas à filmer la scène et à moquer de l’agent de police en civil qui établissait le constat. Il semble toujours sous l’emprise de l’alcool, et s’adresse à ce dernier en ricanant : "Monsieur le constateur, qu’est-ce que tu constates monsieur le constateur ? ". Les policiers en uniforme présents sur les lieux ne répondent pas. À la fin de la vidéo, le jeune homme est installé dans une ambulance… à côté du chauffeur. Et là encore, se filme, lunettes de soleil et cigarette au bec.



Qui est-ce ? Il s’agit de Hamza Derham, fils d’un riche homme d’affaires originaire de Laâyoune (dans le sud du pays) décédé il y a quelques mois. Mohamed Derham était le patron de la société de distribution d’hydrocarbures Atlas, implantée dans les provinces du sud du pays. Il était aussi le neveu de Rkia Derham, une ancienne députée récemment nommée secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur.

"Je suis Monsieur le constateur"

Le jeune homme, qui n’avait pas l’air d’être conscient de la gravité de la situation, est devenu, en quelques heures à peine, la risée des réseaux sociaux. Sur Facebook, des internautes ont notamment lancé un slogan "Je suis Monsieur le constateur".

Photo postée sur Facebook.

Cet autre internaute lui prédit ironiquement une carrière d’humoriste.


Mais l’attitude insouciante du jeune homme et la passivité des policiers en ont surtout irrité beaucoup. Des Marocains ont dénoncé une police à deux vitesses, indulgente avec les riches, intransigeante avec les autres.
"Dans ce pays, il suffit d’être "fils de" pour être respecté, écrit cet internaute. Sur la photo qu’il a postée, on peut en outre lire cette expression taguée sur un mur : "Une loi qui ne s’applique pas à tout le monde, on ne doit pas la respecter."

La famille du jeune homme est "sous le choc"

Devant le tollé soulevé sur les réseaux sociaux, les autorités ont décidé de réagir rapidement.

Dans un communiqué publié mardi 18 avril, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé la suspension provisoire d’un agent de police de ses fonctions, "pour abus et dysfonctionnements professionnels" car il n’a pas réagi alors que Hamza Derham se moquait de lui. Une enquête judiciaire a été ouverte "pour déterminer les tenants et aboutissants de cet accident causé par un chauffeur d’une voiture qui a heurté trois véhicules arrêtés à un feu rouge sur une avenue de la ville", ajoute le communiqué.

La DGSN n’a toutefois pas indiqué si le chauffard avait été arrêté ou s’il a été laissé en liberté.

Interpellée par les médias, la famille de Hamza Derham a refusé de s’exprimer. L’avocat du jeune homme a déclaré au média local ChoufTV que "la famille est sous le choc" sans autre précision.

Ce n’est pas la première fois qu’un fils de notable défraie la chronique au Maroc.

Fin janvier 2017, le fils d’un notable de la ville de Kénitra avait copieusement insulté une policière devant ses collègues pour avoir osé le verbaliser.