Le porte-parole de la police nigérienne a annoncé l’arrestation de trois policiers impliqués dans des violences lors de la manifestation du lundi 10 avril sur le campus de Niamey. Ils ont pu être identifiés et interpellés après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo choc montrant plusieurs agents s’en prendre à un étudiant.

Une manifestation pour réclamer de meilleures conditions d’études avait viré à l’affrontement entre étudiants et forces de l’ordre lundi 10 avril, sur le campus universitaire de la capitale nigérienne.

Peu après ces violences, une vidéo montrant un groupe de policiers en train de tabasser un étudiant à l’arrière d’un pick-up avait été diffusée sur les réseaux sociaux. Sur celle-ci, on peut voir un jeune homme non armé, allongé, et entouré de plusieurs agents qui le frappent à coups de matraque et l'obligent à crier "vive la police".

Capture d'écran de la vidéo montrant un étudiant se faire frapper par un groupe de policiers. 

Les images ont provoqué une onde de choc dans le pays.



À tel point que la direction nationale de la police a mené une enquête. Et cinq jours après l’incident, samedi 15 avril, le porte-parole de la police Adili Toro Mainassara s’est exprimé sur le plateau de la télévision locale TéléSahel pour annoncer l’arrestation de trois agents.


"Trois de ces policiers ont été identifiés comme suspectés d’avoir participé à ces forfaits" a-t-il indiqué, précisant également que la police nationale ne "saurait ni cautionner et encore moins protéger les auteurs de tels actes".

"Une intervention barbare"

Dans un communiqué auquel a eu accès RFI, le Syndicat des enseignants-chercheurs de l’université de Niamey avait dénoncé les méthodes de la police nigérienne. "Même ceux qui se trouvaient dans les salles de cours, les bibliothèques, le restaurant, les dortoirs, les mosquées n’ont pas été épargnés lors de cette intervention barbare" assurent-ils.

D’après un bilan officiel, suite à ces affrontements, 313 personnes ont été interpellées et 109 blessées, dont 21 policiers. Un manifestant serait mort d’une "chute", sans lien avec la répression policière selon les autorités.


Fermé au public depuis ces violences, le campus a été rouvert samedi 15 avril après une rencontre entre les syndicats étudiants et le président nigérien Mahamadou Issoufou.