Après la démission de son gouvernement, le ministre du pétrole et des hydrocarbures gabonais, Étienne Dieudonné Ngoubou, n'a pas été reconduit dans ses fonctions. Lors de son départ mardi, le ministre a eu droit à un comité de départ plutôt véhément : des fonctionnaires n’ont pas hésité à manifester leur joie en le voyant faire ses valises.

Dans une vidéo amateur où l'on voit le ministre quitter l’enceinte du ministère, des femmes lancent un narquois "au revoir" à plusieurs reprises avant de le huer alors qu’il se dirige vers un véhicule. Puis la foule scande "on a gagné ! "pour exprimer leur soulagement.




Contacté par France 24, Nadia Fanguinoveny, syndicaliste au ministère du pétrole et des hydrocarbures, confirme les relations tendues avec le ministre.

Quand il a été nommé en février 2012, nous nous sommes enthousiasmés car il connaissait bien le milieu de l’énergie [le ministre avait auparavant été directeur général de l’Énergie, un expert conseilleur du gouvernement, NDLR].

Mais on a rapidement déchanté. Lors de notre première réunion, il a affirmé "je serai votre pire cauchemar ". Dans le travail au quotidien, c’est devenu très difficile et des avantages sociaux nous ont été retirés : les fonds de notre assurance maladie et formation ont été drastiquement réduits. Souvent, il faisait des rondes pour vérifier si les employés étaient là mais il ne disait plus bonjour à ses collaborateurs [selon notre Observatrice et d’autres sources, le ministre aurait par ailleurs tenu des propos obscènes envers ses collaborateurs, comme le relate également cet article, NDLR ]

Le point de non-retour a été atteint lorsque le ministre a envoyé la police pour s’opposer à une grève de certains employés du ministère des Mines. Certains de nos collègues avaient à l'époque été malmenés par les forces de l'ordre [le ministère des Mines est sous tutelle du ministère des Hydrocarbures et du Pétrole au Gabon, NDLR]. Dans la vidéo, c’est 5 ans de souffrance que les employés ont exprimé pendant quelques secondes.

France 24 n’a pas été en mesure de joindre le ministre mercredi. Nous publierons sa réponse si celle-ci nous parvient.

Le nouveau gouvernement gabonais, par la voix du nouveau Premier ministre, Franck-Emmanuel Issoze Ngondet, s’est engagé depuis la fin de l’année 2016 à mener une vaste lutte contre la corruption. Selon la presse gabonaise, l’ex-ministre du pétrole aurait été démis de ses fonctions dans ce cadre. Il serait notamment soupçonné d’une mauvaise gestion des comptes de son ministère.

Article écrit en collaboration avec
Alexandre Capron

Alexandre Capron , Journaliste francophone