Un de nos Observateurs en République démocratique du Congo a fait la rencontre d’une véritable arche de Noé… en sachets plastiques. Depuis Bunia, au nord du pays, un jeune homme tente de sensibiliser à sa façon à la nécessité de ramasser les déchets plastiques, qui jonchent les rues des villes congolaises, en les transformant en objets d’art ou d’artisanat. Et fait travailler avec lui toute une petite communauté.

Officiellement, la RDC a interdit d’utilisation et l’importation des sacs plastiques depuis 2012, et autorise à défaut l’utilisation de sacs biodégradables. Mais sur le terrain, la mesure n’a pas vraiment été suivie d’effets : les sacs plastiques sont toujours distribués sur les marchés et jonchent les rues selon plusieurs de nos Observateurs.

À Bunia, notre Observateur Nathalon Tonge a croisé un personnage ingénieux, Toussaint Bobo, qui tente de lutter à sa façon contre ce phénomène avec ses animaux en sacs plastiques. Il nous a fait parvenir ces quelques vidéos.

Vidéos filmées par notre Observateur Nathalon Tonge et filmées à Bunia en RDC.

"Il arrive à en vivre et à faire travailler une vingtaine de personnes"


Ce qui m’a frappé, c’est son ingéniosité. Je n’avais jamais vu ça auparavant, et ces objets sont très réussis. Il les vend à la criée, le prix varie, mais en général c’est pour une quinzaine de dollars. Il m’a raconté son histoire : il faisait partie il y a six ans d’une association de défense de l’environnement qui tentait de donner des petits boulots aux jeunes, aux plus vieux, ou aux veufs et veuves grâce au recyclage. Ils n’ont malheureusement jamais trouvé de financement, et beaucoup de ses partenaires ont abandonné la lutte.

Mais Toussaint continue pourtant à aller à la rencontre de ceux qu’il voit en train de jeter les sacs. Il leur explique que rien ne se perd, tout se transforme, et leur montre ce qu’ils pourraient faire avec ces sachets. Il fabrique également des sacs à main, des babouches et des habits avec ces sacs. Avec cette petite initiative il arrive à vivre et à faire travailler une vingtaine de personnes, des orphelins et des veuves, dans la région de Bunia.

En dehors des animaux de la basse-cour, Toussaint Bobo fabrique aussi des sandales et des habits à partir de sacs plastiques, parfois sur commande.

Contacté par France 24, Toussaint Bobo, qui n'a pas souhaité apparaître à visage découvert pour des raisons personnelles, explique qu’il peut vendre jusqu’à une centaine d’objets par mois dans les meilleures périodes, et qu’il a du mal à satisfaire toutes les demandes. Il espère pouvoir développer son projet pour y associer davantage de personnes dans la région de Bunia.

Vous voulez aider Toussaint Bobo à développer son projet bénéfique à l’économie locale ? Envoyez-nous un mail à obsengages@france24.com !

Vous aussi vous avez une initiative favorable à votre communauté ? Participez aux "Observateurs s'engagent" en cliquant sur l'image ci-dessous !



Article écrit en collaboration avec
Alexandre Capron

Alexandre Capron , Journaliste francophone