En bonne place dans le b.a-ba de tout responsable politique en déplacement, il y a la nécessité de serrer la main de toutes les personnes rencontrées. Au point que ce geste soit chez certains un automatisme… qui peut s’avérer très malvenu dans certaines cultures. En visite en Iran du 27 au 29 août, la ministre française de l’Écologie l’a appris à ses dépens, comme le montre une vidéo amateur qui a émergé sur les réseaux sociaux iraniens.

Lors de son déplacement dans la République islamique, Ségolène Royal a rencontré des responsables iraniens et annoncé la signature de plusieurs partenariats dans le domaine de l’environnement. Elle s’est rendue à Téhéran ainsi qu’au lac d’Ourmia (un grand lac salé en train de s’assécher) et a rencontré plusieurs hauts responsables, notamment la vice-présidente iranienne.

Gêne manifeste

Mais avant cela, un petit accroc s’est produit au premier jour de sa visite. Lors d’une visite, la ministre, qui portait le voile de rigueur très en arrière sur sa tête, s’approche d’un homme et lui tend machinalement la main. Erreur ! En Iran, les hommes et les femmes ne sont pas censés se serrer la main.

À la suite du geste de la ministre, le responsable iranien esquisse un pas en arrière et se courbe légèrement en guise de salutation, en même temps que Ségolène Royal réalise sa bourde. La ministre vit alors quelques secondes de solitude durant lesquelles elle est très manifestement gênée et ne sait visiblement plus quoi faire de sa main : elle la plaque successivement contre sa poitrine, puis sa cuisse, manque de la tendre à une femme à ses côtés, la remet sur sa poitrine, la place ensuite sur le nœud de son voile, puis réajuste ce dernier, le mettant un peu plus en avant, comme pour réparer l’affront qu’elle vient de faire aux règles islamiques.



Selon les fatwas émises par le Guide suprême iranien, censées s’inspirer de la loi religieuse musulmane, la charia, les hommes ne doivent pas avoir de contact physique avec les femmes qui ne seraient pas des membres de leur famille. Les responsables politiques iraniens ne sont donc pas censés serrer la main des femmes. En général, pour saluer des personnes de sexe opposé, ils placent leurs mains sur leur poitrine et s’inclinent légèrement.

Ce geste est celui fait par Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, lors de ses rencontres avec ses homologues étrangères féminines, notamment Federica Mogherini, la Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.


L’ancien président iranien, le réformiste Mohammad Khatami, en poste de 1989 à 1997, avait néanmoins à plusieurs reprises serré la main de femmes, s’attirant les foudres des conservateurs.

Avant chaque déplacement, les responsables politiques sont censés être mis en garde sur les us et coutumes du pays où ils se rendent. Nul doute que Ségolène Royal avait été avertie des usages en vigueur concernant les salutations en Iran… qu’elle a dû oublier dans un instant d’inattention.