Développer, pour les enfants, un apprentissage ludique du codage informatique, activité à première vue complexe et rébarbative ? C'est le pari d'un de nos Observateurs à Kinshasa, en RD Congo, persuadé qu’apprendre à coder est la clé pour l’avenir des enfants. Alors il a mis en place des ateliers qui leur permettent d’apprendre simplement les bases du codage.

Le codage est un langage informatique qui permet à un être humain de programmer un logiciel ou un ordinateur. Il permet de configurer par exemple des jeux vidéos, des robots ou toute machine nécessitant des instructions préalables.
Plusieurs spécialistes s’accordent à dire que des cours de codage, dès le plus jeune âge, pourrait permettre de créer de nouveaux débouchés. En Europe comme aux États-Unis, certaines écoles ont commencé à prendre au sérieux cette pratique et ont initié des cours de codage.

À Kinshasa, les écoles, souvent dépourvues de matériel informatique, n’enseignent pas encore le codage comme une matière. Alors un incubateur de start-ups innovantes, le LLab, a pris l’initiative de former de jeunes Kinois à ces nouvelles pratiques numériques de façon ludique. L'atelier, baptisé "Les Laboureurs du code", prend place dans un bâtiment à Lemba, un quartier de la capitale de la RDC. Les enseignants utilisent notamment un logiciel avec des briques de couleurs et des personnages permettant l’apprentissage facile du codage en mettant bout à bout des segments.



"Dans ces ateliers, les enfants apprennent la rigueur d’un codage et pourquoi il faut respecter à la lettre les instructions"

Filip Kabeya, connu sous le nom de Keyser Söze sur les réseaux sociaux, est le co-fondateur du LLab à Kinshasa et un initiateur de ces journées de formation au codage pour les enfants depuis janvier 2016.

Faire du codage, c’est un peu difficile, même pour les adultes, car il faut faire très attention à la syntaxe. Pour apprendre le code aux enfants, nous avons utilisé Scratch, un logiciel développé par le Massachussetts Institute of Technology (M.I.T) qui permet de programmer en rassemblant des briques de couleur.

Par exemple, l’atelier va leur apprendre comment assembler plusieurs blocs pour créer une action qui va permettre d’avoir tous les éléments pour créer un jeu vidéo de ping-pong.

Sur cet exemple, un assemblage de couleur permet de configurer toutes les actions d’un jeu vidéo de ping pong.

Les ateliers des "Laboureurs du code" utilisent le "Scratch", une méthode américaine d’apprentissage du codage avec des couleurs destinée aux enfants.Un assemblage de lignes de couleurs permet de définir des actions.

"Nous avons developpé le projet avec un orphelinat, et sélectionné 80 % de filles parmi les participants"
 
Depuis le lancement du projet, notre Observateur a pu organiser cinq séances de codage, et faire participer 124 enfants, entre 7 et 16 ans. Et il ne s’en cache pas : sa priorité est avant tout de faire participer des jeunes filles à ces ateliers de formation.
 
Nous avons développé ce projet avec un orphelinat et fait le choix d’y inclure 80 % de filles. Notre objectif c’est de permettre au maximum à des jeunes filles d’apprendre les bases du codage car nous sommes persuadés que ce sera pour elles un outild’émancipation.

Car pour moi, apprendre à coder c'est apprendre à créer. Le but n’est pas de faire des enfants des petits génies programmeurs mais plutôt leur permettre d’avoir pour certains une initiation ludique au numérique. Dans ces ateliers, les enfants vont avant tout apprendre la rigueur d’un code et pourquoi il faut respecter des instructions. Si elles ne sont pas bien suivies, le programme ne marche pas. Ainsi ils apprennent aussi la patience, car ils vont devoir souvent corriger les bugs. Avant d’être une initiation technique, c’est aussi un état d’esprit.

 
Notre Observateur, Filip, avec des enfants lors d'une séance des "Laboureurs du code".

Comment aider les "Laboureurs du code" de Kinshasa à aller plus loin ?
Notre Observateur Filip souhaite à présent diffuser plus largement les techniques du codage. Mais il nous explique :
 
Nous avons lancé une opération de crowdfunding pour financer le déménagement du LLab dans un espace plus grand afin d’accueillir davantage d’enfants. Pour cela, nous nous sommes fixé un objectif d’appel au don de 3000 dollars (2650 euros). Nous restons ouverts à tout partenariat qui pourrait améliorer nos services.

Par ailleurs, nous cherchons des volontaires, peu importe leur nationalité, qui voudraient bien venir partager leur connaissance avec les membres du LLab.

Le LLab a été retenu comme ambassadeur du programme "Africa Code Week" qui fait partie de "Europe Code Week" - soutenu par l'Union européenne - qui promeut l’apprentissage du code en Europe.
Si vous souhaitez contacter Filip, vous pouvez le faire en cliquant ici, ou en nous envoyant un mail à obsengages@france24.com !

 
Cet article fait partie de notre rubrique "Les Observateurs s'engagent". Vous aussi vous êtes engagé pour une cause ? Cliquez sur l'image ci-dessous pour savoir comment nous en parler !


 
Article écrit en collaboration avec
Alexandre Capron

Alexandre Capron , Journaliste francophone