La tension sociale monte au Brésil à l’approche des Jeux olympiques de Rio de Janeiro. Lundi 27 juin, les passagers débarquant dans le hall des arrivées de l’aéroport ont eu une drôle de surprise : une centaine de policiers les y attendait avec des banderoles aux messages chocs, écrits en portugais et en anglais : "La police et les pompiers ne sont pas payés", "quiconque viendra à Rio de Janeiro ne sera pas en sécurité", "bienvenue en enfer".

Retards dans le versement des salaires, pénuries de matériels de première nécessité dans les commissariats : à moins de 40 jours du lancement des JO, la police brésilienne tire la sonnette d’alarme. Soutenus par les pompiers et la police militaire, plusieurs agents de la police civile se sont rassemblés lundi dans l’aéroport International Antônio Carlos Jabim et devant l’Assemblée législative de l’État, pour dénoncer les coupes budgétaires.

"La priorité de la police c'est la population. La priorité du gouvernement, ce sont les Jeux olympiques". "La police sans salaire et en panne d'effectifs".Photo : page Facebook de la coalition des policiers de Rio

La crise économique est grave : l’État de Rio s’est déclaré début juin en état d'urgence financière. L'État cumule aujourd'hui un déficit public de près de 5 milliards d'euros lié à la chute des revenus du pétrole et à une gestion désastreuse des finances.

Francisco Dornelles, le gouverneur par intérim, a même mis en garde contre le risque d’un effondrement "des services de sécurité publique, de la santé, de l’éducation et de l’environnement". Selon lui, la police n’aura bientôt plus de quoi payer l’essence nécessaire à ses rondes et déplacements en voiture. "Si certaines mesures ne sont pas prises, [les JO] vont être un énorme échec" a-t-il estimé dans une interview donnée au journal O Globo.

Manifestation du 27 juin. Vidéo : page Facebook de la coalition des policiers de Rio.

L’État de Rio attend toujours l’aide du gouvernement central, qui devrait s’élever à 855 millions de dollars et permettre le bon déroulé de la compétition internationale. Pendant les Jeux qui se tiendront du 5 au 21 août, 85 000 policiers et soldats devront assurer la sécurité de près de 500 000 touristes étrangers, dans une ville minée par l’insécurité.

Article écrit en collaboration avec
Maëva Poulet

Maëva Poulet