Plus de 4 000 migrants syriens ont péri en mer Méditerranée depuis le début de la guerre civile dans le pays en 2011, en tentant de rejoindre l’Europe. Afin de leur rendre hommage, une ONG a mis en place un cimetière flottant au large des côtes turques, où l’on peut lire les noms de certains d’entre eux.

Fin mai, environ 200 pierres tombales en polystyrène, recouvertes d’un vernis résistant à l’eau, ont été placées à 200 mètres environ au large de Kas, une ville du sud-ouest de la Turquie, située à 7 km de l’île grecque de Kastellorizo.

Selon l’ONG turque Support to life, à l’origine du projet, de nombreux migrants sont morts dans la zone ces dernières années. Elle précise que ces pierres tombales ont été reliées à des blocs fixés au fond de la mer pour éviter qu’elles ne dérivent.


"Il ne faut pas oublier que la crise des réfugiés est une affaire de vies humaines avant tout"

Aslı Arslan est le chef de la communication de l’ONG Support to life.

Sur ces tombes, visibles depuis les côtes turques, nous avons écrit les noms de Syriens morts dans cette zone récemment, afin de leur rendre hommage. Nous avons lancé ce projet car nous avions l’impression que la crise des réfugiés intéressait de moins en moins les gens. Par ailleurs, cette crise est de plus en plus perçue comme une affaire politique, alors qu’il s’agit de vies humaines avant tout, il ne faut pas l’oublier. Ces Syriens étaient des gens comme nous, qui sont morts simplement car ils rêvaient d’une vie meilleure.


"Avant, je regardais la mer en rêvant, mais maintenant je la déteste. J’aurais préféré mourir sous les bombes en Syrie plutôt que de voir toutes ces personnes périr ", témoigne un réfugié, au début de cette vidéo de l’ONG Support to life.


Un site Internet est associé à la campagne de l’ONG, afin que des dons puissent être faits pour aider les réfugiés.

Depuis le début de la guerre en Syrie, plus de 4,8 millions de Syriens ont été contraints de fuir leur pays, selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Plus de 4000 d’entre eux ont péri en Méditerranée, selon l'Organisation internationales pour les migrations.



Article écrit en collaboration avec
Chloé Lauvergnier

Chloé Lauvergnier , Journaliste francophone