ATTENTION : certaines images ci-dessous sont choquantes. 


Assiégée par le régime syrien, la ville de Madaya, en Syrie, n’a reçu aucune aide humanitaire depuis plus de trois mois. Les habitants appellent à l’aide, expliquant qu’ils sont aujourd’hui en train de mourir de faim. Un médecin témoigne.


La localité de Madaya, 40 000 habitants, est situé entre Damas et la frontière libanaise. En dépit d'une trêve conclue avec les combattants de l’opposition il y a plus de trois mois, la ville est toujours assiégé par le régime syrien. Et depuis début octobre, les ONG humanitaires n’ont pu y acheminer aucune denrée alimentaire.

La majeure partie des civils assiégés à Madaya sont des déplacés de la ville voisine de Zabadani, tenue par des combattants rebelles et également assiégée par l’armée syrienne.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins dix décès à Madaya seraient liées à la malnutrition. L’organisation estime que plus de 300 enfants de la ville souffrent de malnutrition ou d’autres problèmes de santé liés au manque d’alimentation. Les personnes âgées seraient également très affectées.

هنااااا مضايا طفل لم يتناول الطعام منذ اسبوع حسبي الله ونعم الوكيل اين المجتمع الولي والسيد دي مستورا........

Posted by ‎الهيئة الطبية في مضايا‎ on Wednesday, January 6, 2016
Dans cette vidéo publiée par des activistes de la région de Madaya, cet enfant, décrit comme habitant Madaya, dit qu’il n’a pas mangé depuis 7 jours.

Les Nations unies ont annoncé jeudi que le gouvernement syrien avait autorisé un accès humanitaire à Madaya. Dans un communiqué, l'ONU a indiqué préparer la livraison d'une aide humanitaire qu’ils espèrent pouvoir acheminer à la ville dans les prochains jours. Selon notre Observateur, le temps presse.

"L’hôpital a reçu une femme et ses trois enfants qui ont été intoxiqués après avoir mangé les feuilles d’un arbre"

Amer Bourhane est médecin à Zabadani et il est en contact régulier avec les médecins de la ville voisine de Madaya.

À Madaya, il n’est pas rare de voir des gens s’évanouir en pleine rue. La semaine dernière, il y a eu 50 cas d’évanouissement. Mais la situation a bien empiré depuis. Rien que pour la journée de jeudi, il y a eu 200 cas d’évanouissement ! Certaines de ces personnes n’ont pas mangé depuis plusieurs jours et ont épuisé leur stock d’énergie. Quand on les reçoit à l’hôpital, on leur fait une injection de sérum et on les laisse partir.

Cela fait des semaines que le stock de lait pour enfant est épuisé à Madaya. Et le peu de lait qu’on trouve au marché noir coûte 300 dollars la boite. La plupart des parents nourrissent leurs enfants avec de l’eau qu’ils font bouillir, et ils y ajoutent du sel et quelques épices. Cela a provoqué plusieurs cas d’ulcère, avec des vomissements de sang. L’accès au lait pour les enfants du village est en fait la plus grande urgence.

طفلة في مركز الاستشفاء في #مضايا

Posted by ‎الحملة المدنية لإنقاذ مضايا والزبداني من واقع الموت جوعاً .‎ on Tuesday, January 5, 2016
Dans cette vidéo publiée par des activistes de la région de Madaya, cette mère, décrite comme habitant Madaya, indique qu’elle nourrit sa fille de 16 mois avec de l’eau et de la confiture "dans l’espoir de la maintenir vivante".

Pour se nourrir, beaucoup de gens se rabattent sur les herbes qu’ils trouvent ici et là. Et c’est également dangereux. Il y a deux jours, l’hôpital a reçu une femme et ses trois enfants qui ont été intoxiqués après avoir mangé des feuilles d’un arbre. Les enfants se sont remis mais leur mère est très mal, elle se trouve toujours à l’hôpital.


À cause de la malnutrition, beaucoup de personnes ont contracté des maladies parce qu’au fil des jours, leur système immunitaire s’est beaucoup affaibli. On a notamment eu une vingtaine de cas d’inflammation de la peau, et ce sont les enfants qui sont les plus touchés.

جانب من تعبئة وتوزيع بعض المواد الغذائية لأهالي مضايا وبقين من قبل طيف (المكتب الإغاثي لتجمع ضمة النسائي عضو الهيئة الأغاثية الموحدة في مضايا والزبداني)

Posted by ‎الحملة المدنية لإنقاذ مضايا والزبداني من واقع الموت جوعاً .‎ on Wednesday, January 6, 2016

On manque cruellement de médicaments. On est souvent contraint de recourir au système D. Dernièrement, on a bricolé une couveuse avec un chauffage alimenté avec du fioul pour soigner un nourrisson qui avait des problèmes respiratoires à cause de la malnutrition de sa mère. Mais ces efforts n’ont pas porté leurs fruits et le bébé est hélas décédé.

Le docteur nous a envoyé cette photo de la couveuse bricolée pour tenter de sauver un nouveau-né, en vain.

Jusque-là, il y eu 47 décès dus à la malnutrition [ce chiffre n’a pas été confirmé de source indépendante].