Capture d'écran d'une vidéo montrant l'arrivée des milices dimanche à Taez.

Les miliciens chiites houthis continuent leur avancée vers le sud du Yémen. Dimanche 22 mars, ils se sont emparés de l’aéroport de Taez et de plusieurs bâtiments de la ville, notamment celui des forces spéciales, sans grande résistance. Notre Observateur nous explique pourquoi…

Forts du soutien de militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, les Houthis sont décidés à conquérir Aden, deuxième ville du pays où le président Hadi Mansour Abd Rabbo s’est réfugié en février, après la prise de la capitale Sanaa.

Des camions transportant des chars font route vers Taez. Photo postée dimanche 22 mars sur Facebook.

Ils se sont emparés de l’aéroport de Taez dans la nuit de samedi à dimanche, tandis que des renforts étaient en provenance de Sanaa, à 250 km au nord,arrivaient.

Des miliciens houthis après leur atterrissage à l’aéroport de Taez. Ils étaient environ 300 selon plusieurs médias.

Les milices entrent dans Taez sous les huées des habitants.

Les miliciens houthis étaient vêtus d’uniformes de la garde républicaine, un corps d’armée dontilsse sont emparé - avec l’aide de militaires fidèles au président déchu Abdallah Saleh - lors de la prise de Sanaa en septembre 2014.

Vidéo des manifestations contre les miliciens houthis.

"Le commandant des forces spéciales les a laissésentrer dans le camp"

Abdelaziz Sabri st un habitant de Taez. Il travaille comme photographe free-lance.

Les manifestations contre les miliciens houthis se poursuivent aux abords du siège des forces spéciales où ilsont pris leurs quartiers à leur arrivée hier. Pour disperser la foule qui manifestait contre eux, ils ont tiré des gaz lacrymogène mais aussi à balles réelles. Personnellement, je ne les ai pas vus tirer directement sur les manifestants, mais ils ont effectué des tirs de sommation qui ont apparemment atteint plusieurs manifestants [les manifestations ont fait au moins un mort et 15 blessés, NDLR]

Les habitants, qui les considèrent comme des putschistes, ont commencé à installer des tentes près du siège des forces spéciales. Mais le convoi houthi est entré dans le camp sans rencontrer la moindre résistance. La faute en incombe notamment au commandant de ces forces, Hamoud al-Harthi, qui les a accueillis à bras ouvert. Il a, selon toute vraisemblance, fait défection de l’armée loyaliste pout rejoindre les rangs des miliciens houthis.

Le gouverneur de Taez, Chawki Ahmad Hael, a tenu ce matin une réunion à laquelle il a convié le commandant et lui a lancé un ultimatum de 24 heures pour clarifier sa position. Il lui a également demandé de faire retirer tous les check-points installéspar les Houthis dans la ville et dans des villages proches qui sont sur la route d’Aden, comme Domnat Khidar et Rahida.

Il a également enjoint tous les chefs des forces de sécurité à n’obéir à aucun ordre provenant de Sanaa sauf s’il l’avait validé lui-même.

Le gouverneur a promis une escalade si les Houthis ne se retiraient pas. Il a prévenu qu’il tiendrait une conférence de presse mardi 24 marspour demander aux habitants d’enlever eux-mêmes ces check-points, et d’organiser un mouvement de désobéissance massif à travers toute la ville."

Face à la dégradation de la situation au Yémen, les 15 pays membres du Conseil de sécurité ont publié dimanche une déclaration unanime de soutien au chef de l'État yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi. Ils menacent également la milice houthie de sanctions.