Photo prise par Joel Roumon Assoko et publiée sur Facebook.

L’inondation du troisième pont d’Abidjan inquiète la population ivoirienne. Alors qu’il n’a été inauguré que le 16 décembre, 45 minutes de pluies ont suffi ce week-end pour que sa chaussée soit partiellement submergée.

La construction du pont Henri Konan Bédié se voulait le symbole de la renaissance économique de la Côte d’Ivoire après la crise post-électorale de 2011. Ériger un pont dans la lagune Ebrié avait été présenté par l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara comme l’un de ses objectifs, signe que le pays serait sorti des conflits sociopolitiques.

Depuis son inauguration, il est d’ailleurs devenu une source de fierté pour de nombreux habitants. Mais après son inondation ce week-end, les Ivoiriens ont déchanté : plusieurs parties du pont, long d'1,5 kilomètre et reliant les quartiers Sicogi et Marcory, sont désormais sous les eaux. Une situation désastreuse qui n’a toutefois pas empêché certains véhicules de tenter la traversée.

Vidéo prise par Ada Jami et publiée sur Youtube.

C’est l’entreprise française Bouygues qui était en charge de la construction du pont Henri Konan Bédié. Elle s’est également portée garante de sa conception, de son exploitation et de sa maintenance pour une durée de 30 ans et pour une somme totale de 232 millions d’euros. Mais d’après certains automobilistes, les routes présentent déjà quelques fissures et les effets d’érosion commencent à se faire sentir. Comment un pont peut-il présenter un aussi grand nombre de défaillances après un mois et demi de mise en fonction ? France 24 a contacté la direction de la communication de l’entreprise qui n’a pour l’heure pas donné suite.

"Et le pont reste payant peu importe les intempéries !"

Loukman, habitant d'Abidjan, nous fait part de ses craintes concernant le pont HBK.

Les pluies n’ont pas duré tellement longtemps et pourtant cela a suffi à faire de tels ravages. C’est étonnant de voir qu’un pont d’une telle envergure soit si facilement inondable. Je suis vraiment déçu car des milliards de francs CFA ont été investis dans cette construction. Et le pont reste payant peu importe les intempéries ! Depuis l’inauguration, je passe par là tous les jours et je vous avoue avoir eu peur lors de l’inondation.

Je vis en Côte d’Ivoire depuis 1984 et je n’ai jamais vu une quantité d’eau aussi importante. Les autres ponts ont un meilleur système d’évacuation des eaux que notre nouveau pont, et nous avons déjà des problèmes. Je ne fais plus confiance aux autorités ivoiriennes. Ce pont semblait être parfait mais nous nous sommes tous trompés !

Photo prise par Joel Roumon Assoko et publiée sur Facebook.
Billet écrit par Anissa Jalab, journaliste à France 24.