Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un activiste syrien en train taguer un mur à Raqqa avec le slogan "À  bas Daech".

Malgré les frappes des forces de la coalition, la ville de Raqqa, dans l’est de la Syrie, est toujours aux mains de l’organisation de l’État islamique (EI). Des milliers de civils ont fui la ville, mais un groupe d’activistes resté sur place continue de dénoncer les exactions des jihadistes. Récemment, ils ont inscrit des tags anti EI sur les murs de la ville, un acte qui peut leur coûter la vie…

Depuis le début des raids aériens, les éléments de l’organisation de l’EI se font discrets dans les rues de Raqqa et leurs patrouilles se font rares. Mais les jihadistes contrôlent toujours fermement la ville et surveillent de près la population en multipliant notamment les check-point volants dans la ville.


"Ils ont déjà lancé des appels pour nous tuer au motif que nous étions des laïques et des apostats"

Abou Warid al-Raqqawi est membre de "Raqqa est égorgée en silence", un réseau de 16 activistes répartis dans la ville et ses alentours.

Nous avons évidemment pris beaucoup de précautions pour faire ces vidéos. Nous nous sommes assurés que les hommes de l’EI n’étaient pas présents sur les lieux où on voulait se rendre, mais je ne peux pas expliquer comment pour des questions de sécurité. Par ailleurs, la personne que l’on voit sur la vidéo est cagoulée, et on n’entend pas sa voix non plus.

Sur cette vidéo, postée lundi 20 octobre sur YouTube, l’activiste a écrit "À bas Daech"


Nous avons fait ces tags en hommage à notre ami Moataz Billeh, un ancien membre de notre réseau qui a été exécuté par l’organisation en mai dernier, à peine un mois après le lancement de notre campagne.


Sur cette vidéo, postée dimanche 19 octobre sur YouTube, l’activiste a écrit "Ni Daech ni Bachar".


Il avait été intercepté à un check-point tenu par les jihadistes à Raqqa. Ils ont découvert sur son téléphone portable des photos et des informations sur notre campagne, et l’ont décapité le 8 mai sur une place publique. Ils ont également lancé des appels depuis les mosquées pour nous tuer, au motif que nous étions des laïques et des apostats. Heureusement, ils ne sont pas parvenus à nous identifier parce que nous multiplions les pseudonymes sur les réseaux.


À 2'22'', on aperçoit l'église catholique al-Chouhada repinte en noir.


Il y a trois jours, nous avons également réussi à filmer un des QG de l’organisation situé au centre ville. Il s’agit de l’Église catholique arménienne al-Chouhada dont les jihadistes se sont emparés en mars 2013. Aujourd’hui, l’édifice est déserté par les combattants de l’organisation de l’EI qui craignent les frappes de la coalition.