"Les gendarmes sont envoyés depuis des régions lointaines et donc n’ont pas de parti pris"

Abderrahmane Semmar, 25 ans, journaliste et coadministrateur de la page Facebook des Envoyés spéciaux algériens à Alger, est en contact avec plusieurs personnes sur place.
  
Les policiers sont de fait impliqués dans ces tensions car ils sont, pour la majorité, issus de la communauté arabe de Ghardaïa et des villes voisines. Ce qui explique le fait qu’ils prennent parti pour les Arabes. Contrairement à eux, les gendarmes sont bien accueillis par la communauté mozabite car il s’agit d’un corps rattaché à l’armée, réputé pour son sérieux et son professionnalisme. Ils sont également envoyés depuis des régions lointaines, notamment Alger et ne sont donc pas concernés par le conflit.
 
Face aux critiques visant la police, la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a fini par réagir et annoncé dimanche avoir suspendu et traduit en justice trois policiers. Cette suspension intervient après une enquête menée sur des images montrant le "laxisme" de certains agents de la sécurité à Ghardaïa, précise un communiqué de la DGSN.
 
Depuis décembre, trois personnes, dont au moins deux Mozabites, sont mortes dans des affrontements et plus de 200 ont été blessées. Si les causes de ces nouvelles émeutes restent floues, Ghardaïa et ses environs sont régulièrement le théâtre de tensions entre les communautés arabe et mozabite. En 2008 à Berriane, une localité située à 40 kilomètres de Ghardaïa, des émeutes avaient fait deux morts et une trentaine de blessés.