"Manuel Valls démission !", voilà ce qu’on peut lire sur trois billets d’euros circulant en France actuellement.
 
Cette stratégie de contestation a été utilisée en Espagne il y a quelques semaines, où les messages visaient la politique de rigueur du gouvernement. Rapidement, elle a fait des émules en Tunisie où la formule "Ennahda dégage !" s’est multipliée sur les billets mais aussi sur les pièces.
 
 
En France, c’est le site Collectif des Innovations/illuminations Politiques qui a posté les premières photos de billets tagués à l’encre rouge à l’aide de tampons. Contacté par FRANCE 24, Matjules, fondateur du collectif, explique que l’idée est dans la lignée des messages contestataires inscrits sur les euros en Espagne : "C’est à la fois un pied de nez au système bancaire actuel, mais aussi une façon de montrer qu’on n'oublie pas les propos que Manuel Valls a tenus sur les Roms, ni la violence policière employée contre des militants du DAL [au mois d’octobre 2013]".
 
 
À ceux qui expliquent que c’est une dégradation de bien public, Matjules estime, lui, qu’il n’y a pas de problème tant que le billet reste utilisable : "On ne fait pas comme Serge Gainsbourg qui avait lui détruit un billet en le brûlant".
 
Alors détruire ou altérer un billet est-il un délit ? La loi qui punissait de tels actes a été abrogée en 1994. Ainsi, selon le blogueur spécialiste du droit bancaire, Aurelien Aucher, détruire ou détériorer un billet n’est pas illégal car il appartient à son porteur. 
 
Il n'est pas certain pour autant que ces billets tagués circulent très longtemps car, selon certains internautes, les banques retirent généralement de la circulation les billets dégradés.