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Le troisième concours annuel de Miss Musulmane s’est tenu récemment à Jakarta, en Indonésie. L’une des participantes, une jeune Iranienne, nous explique pourquoi elle a préféré participer à ce concours plutôt qu’à celui de Miss Monde.
 
Le concours a eu lieu quelques jours avant la finale de la célèbre compétition Miss Monde, qui s’est aussi tenue en Indonésie cette année. Selon les organisateurs, les participantes ont été jugées sur leur beauté, mais pas seulement. Elles devaient être vêtues dans le respect de la religion musulmane, connaître le Coran ou encore prouver qu’elles appliquaient au quotidien les valeurs de l’islam.
 
Bannière de promotion du concours Miss Musulmane (World Muslimah).
 
Pour participer au concours, les concurrentes ont d’abord dû convaincre un jury en envoyant une vidéo de présentation de trois minutes. Après trois tours de sélection, une vingtaine de finalistes du monde entier ont été accueillies à Jakarta le 18 septembre. La gagnante, une Nigériane de 21 ans, a remporté un pèlerinage à La Mecque tous frais payés.
 

"Avec Miss Musulmane, je voulais lutter contre certaines idées fausses sur l’Iran"

Samaneh Zand, 24 ans, est designer à Shiraz dans le sud-ouest de l’Iran. Elle a été éliminée en demi-finale. Une autre Iranienne est arrivée en cinquième position.
 
J’ai lu sur le site du concours qu’ils souhaitaient cette année avoir des participantes iraniennes. Je me suis bien renseignée sur ce qu’ils cherchaient et quand j’ai eu l’assurance que ça n’avait rien à voir avec un concours comme celui de Miss Monde, je me suis lancée. Je ne l’aurais pas fait autrement. Je n’aime pas les compétitions qui se jouent uniquement sur l’apparence et les sourires de façade. Avec Miss Musulmane, je pouvais me présenter telle que je suis et ainsi lutter contre certaines idées fausses sur l’Iran.
 
Lors de mes voyages à l’étranger, j’ai beaucoup entendu que les Iraniennes ne pouvaient pas sortir ou n’étaient pas des membres à part entière de la société. J’ai donc voulu montrer dans ma vidéo que je suis très active : je vois des amis, je fais du sport et je fréquente des étrangers.
 
La vidéo envoyée par Samaneh Zand au jury du concours.
 
C’était aussi un moyen de montrer que l’islam n’est pas qu’une question de mariage et de visages voilés. Mon hijab ne m’empêche pas d’être une femme dynamique. Il y a d’ailleurs des Iraniennes qui ne veulent pas du hijab – et qui probablement n’aimeraient pas participer à un tel concours mais ce n’est pas un problème [en Iran, les femmes ont toutefois l’obligation de se couvrir la tête en public, NDLR]. Vivre dans un pays islamique ne signifie pas que tout le monde doit être musulman ou croyant.
 
Je ne suis pas très fière quand des Iraniennes expatriées participent à des évènements tels que Miss Monde ou Miss Norvège [une importante communauté d’Iraniens vit en Norvège]. C’est leur choix, mais ces évènements se jouent uniquement sur la beauté, quelque chose que vous avez dès la naissance ou pas. Je serai bien plus fière le jour ou une Iranienne remportera un prix international de mathématiques par exemple.