Capture d'écran d'une vidéo amateur postée lundi sur YouTube montrant l'offensive de l'armée syrienne à Khaldiyé.  
 
Le quartier de Khaldiyé, bastion de la rébellion syrienne à Homs, est tombé aux mains de l’armée syrienne. Manquant d’armes, les combattants de l’opposition, qui tenaient le secteur depuis près de deux ans, ne pouvaient plus faire le poids face à la puissance de feu des forces de Bachar al-Assad.
 
Les rebelles contrôlaient cette zone, qui est l’un des plus grands quartiers de la ville, depuis septembre 2011. Encerclée depuis plus d’un an par le régime, elle était soumise à des bombardements quotidiens de l’aviation du régime depuis un mois.
 
Il s’agit de la plus importante victoire militaire pour le régime à Homs depuis la prise du quartier de Baba Amr, autre bastion de la rébellion repris par l’armée syrienne après une offensive qui a fait des centaines de morts en mars 2012.
 
L’armée a pu également pénétrer dans la mosquée Khaled Ben Walid, un des symboles de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad à Homs. Le mausolée Khaled Ben Walid, un compagnon du prophète Mahomet, a été détruit par des obus de l'armée syrienne en début de semaine.
 
Vidéo des combats dans Khaldiyé filmée par un proche du régime syrien, postée sur
YouTube dimanche 28 juillet. 
 

"Cela relève du miracle si nous avons pu tenir plus d’un an face au siège imposé par le régime"

Abu-Rami Al-Qosour milite au sein du "bureau d’information unifié de Homs", un centre de communication lié à l’Armée syrienne libre.
   
Depuis le début de la campagne contre les quartiers sous contrôle de l’ASL il y a un mois, l’armée, appuyée par le Hezbollah libanais, avait pu prendre le contrôle de plus de la moitié du quartier Khaldiyé. Samedi, le régime a mené une offensive ultraviolente sur cette zone qui lui a malheureusement permis de chasser les résistants de la mosquée Khaled Ben Walid. Ce lieu représentait beaucoup pour les combattants sur le plan stratégique car il permettait d’assurer la liaison entre les zones rebelles du vieux Homs d’une part, et celles d’al-Qossour, Jour al-Chiyah et al-Qarabis, d’autre quartiers encore tenus par l’ASL.
 
Vidéo amateur montrant les combats à Khaldiyé. Posté sur YouTube lundi 29 juillet.

Après un court répit, l’armée a lancé une nouvelle offensive ce matin à l’aube, la plus violente depuis le début de la campagne, qui lui a permis de prendre le contrôle de la quasi-totalité de la zone de Khaldiyé. Les combattants de l’ASL ont été obligés de se replier sur les quartiers de Jour al-Chiyah, al-Qarabis et le vieux Homs qui forment désormais la nouvelle ligne de front.
 
" Nous n’avons pas pu obtenir de munitions ni des renforts"
  
La prise de Khaldiyé n’a pas été difficile car l’armée avait bien préparé le terrain. En effet, à partir de 6 heures du matin, elle a lancé une série de trois raids aériens, puis attaqué au mortier et avec des missiles sol-sol, avant que l’infanterie ne donne l’assaut au sol. Il est encore trop tôt pour faire un bilan des victimes. Avec des camarades, nous avons tiré des décombres ce matin le corps d’un combattant mort et d’un autre blessé. Au regard de la puissance de feu dont dispose le régime et vu le déséquilibre flagrant dans le rapport de force, la chute de Khaldiyé était inévitable. Cela relève du miracle si nous avons pu tenir plus d’un an face au siège imposé par le régime.
  
Nous n’avons pas pu obtenir de munitions ni des renforts pour pouvoir tenir nos positions. La chute de Qoussair, au sud, nous a porté un coup fatal parce que c’est de cette région que venait nos approvisionnements en armes, mais aussi en combattants. En outre, au nord de la province, certaines brigades liées à l’ASL [il refuse de dire lesquelles, NDLR] se sont malheureusement compromises car elles ont conclu un cessez-feu avec le régime, et depuis six mois elles ne nous envoient plus aucune aide : ni armes, ni combattants, ni médicaments.
  
"Nous n’avons plus d’autres choix que de rester et de nous battre. Jusqu’à la fin."
  
Les chefs de l’opposition sont les premiers responsables de cette déconvenue. Le chef d'état-major du Conseil militaire suprême de l’ASL, Salim Driss, a promis il y a un mois qu’il allait nous faire parvenir des armes performantes qui nous permettraient d’éviter la défaite, mais nous n’avons rien vu venir. La Coalition de l’opposition multiplie les conférences internationales, mais sans résultat. Pire, elle est en train de céder aux pressions des Occidentaux qui essayent d’imposer une solution politique. Ce que nous refusons. Désormais, dans les quartiers toujours sous le contrôle de l’ASL, nous n’avons plus d’autres choix que de rester et de nous battre. Jusqu’à la fin.