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Notre Observatrice, la blogueuse tunisienne Lina Ben Mehnni, assiste aujourd’hui au procès en appel d’Amina Sbouï. La Tunisienne est accusée d’avoir été en possession d’une bombe à gaz paralysant et d’avoir tagué "Femen" sur le mur d’un cimetière à Kairouan pour protester contre un rassemblement salafiste en mai dernier.
 
Notre Observatrice a pris plusieurs photos de la jeune femme dans le tribunal dont celle-ci : 
 
Photo : Lina Ben Mehnni.
 
Amina va bien. Comme à son habitude, elle était sereine.  Elle a souri, fait le signe de la victoire et montré son poing pour montrer qu'elle n'est pas abattue.  À son entrée dans la salle, elle a jeté avec rage et colère le sefseri [voile traditionnel que certaines femmes portent en Tunisie par pudeur] qu’on lui avait demandé de porter. Un geste très symbolique. La tradition du port du sefseri devant la justice remonte à plusieurs décennies. Généralement, les femmes étaient davantage jugées pour des questions de mœurs, par conséquent elles cherchaient à se protéger des yeux du public. C’est la direction des prisons qui leur fournissait ce voile. Mais Amina s’est informée auprès de son avocat, elle a appris que ce n’était en rien une obligation et a donc décidé de se présenter devant le juge sans, car elle estime ne pas à avoir honte de son comportement.
 
Amina avait accepté de le porter lors de sa comparution devant un juge d'instruction en juin dernier. 
 
La jeune Tunisienne âgée de 18 ans est en détention provisoire depuis le 19 mai bien que ses avocats répètent que "le dossier est vide".
 
Photo : Hosny Bechir