Observateurs
Prise d'écran de la vidéo mise en ligne par le site Brazzanews.
 
Des jeunes sont forcés par des policiers hilares à se frapper à tour de rôle. Une scène qui témoigne, selon notre Observateur, de l’impunité des agents de la police du Congo Brazzavile.
 
 
Sur cette vidéo on voit des policiers forcer de jeunes détenus à se frapper mutuellement. C’est un de leurs collègues qui a filmé la scène avec son téléphone portable. La vidéo a ensuite été récupérée par le site d’informations Brazzanews, qui l’a postée sur les réseaux sociaux.
 
Nous avons contacté le porte-parole de la police congolaise, le colonel Jean-Avice Allakoua, à qui nous avons fait parvenir la vidéo. Il confirme que les hommes qu’on y voit appartiennent à ses forces. Il ajoute que ces "ces hommes, une fois identifiés, seront poursuivis et punis pour ces traitements inhumains et injustifiés."
 
Des agents de la police congolaise ont été récemment impliqués dans plusieurs autres affaires de maltraitance. Le site des Observateurs a par exemple publié en avril une vidéo qui montre les sévices sexuels commis par des policiers sur des femmes accusées d’atteinte à la pudeur.

"Cette maltraitance n’avait pour but que le divertissement des policiers"

Arold-Gatien, fondateur et administrateur du site Brazzanews.
 
La vidéo a été filmée le 3 mai 2013 dans le commissariat d’Ounze Ma Nzanza au nord de Brazzaville. Un des jeunes qu’on voit à l’image est un vendeur ambulant du quartier, les autres sont ses amis. Ils ont tous été arrêtés à la suite d’un banal contrôle d’identité et sans vraies raisons.
 
Les policiers impliqués sont facilement indentifiables, ils appartiennent tous à la brigade GRB du sergent-chef Ata, qui dépend directement du chef de la police. Cette brigade a très mauvaise réputation. Ils s’autorisent tous les excès.
 
Ce qui choque dans cette vidéo c’est que ces mauvais traitements n’ont pour but que le divertissement des policiers. Dans ce cas précis, je ne pense pas que les choses soient allées plus loin que cela. Mais il ne faut pas oublier que des exactions beaucoup plus graves ont lieu tous les jours.
Billet écrit en collaboration avec Wassim Nasr (@SimNasr), journaliste à France24.