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Un assaillant attaquant la femme de Youssef Tazi.
 
Une vidéo amateur montre une villa d’un quartier résidentiel de Rabat prise d’assaut par une centaine d’hommes armés de pelles et de bâtons. Une descente commandée par un ancien parlementaire marocain qui utilise des méthodes peu orthodoxes pour régler un conflit avec sa femme.
 
Youssef Tazi et sa femme sont en instance de divorce. Il n’a donc plus le droit de résider au domicile conjugal jusqu’au jugement. Mais l’homme politique n’est pas prêt à lâcher sa maison, qui appartient officiellement à une société dont le couple et ses enfants sont actionnaires. Alors pour récupérer son bien, il fait donc appel à des hommes de main qui prennent d’assaut la villa et passent à tabac ses résidents. Une vidéo amateur témoigne de la violence de l’intervention.
 
Diaporamas de photos de l'attaque.
 
Plusieurs arrestations ont eu lieu à la suite de cet incident, qui s’est déroulé le 5 avril, et une enquête de la police est en cours.
 
Youssef Tazi est un ancien parlementaire marocain. Début 2013, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour son implication dans une affaire de détournement de fonds publics.

"Certains assaillants étaient même cagoulés"

Amine Fassi est le beau-frère de Youssef Tazi. Il a filmé l’attaque de la maison.
 
Ma sœur avait reçu un coup de fil anonyme lui disant que son mari avait envoyé un groupe d’hommes pour la virer de la maison. Elle m’a demandé de venir filmer afin qu’on puisse fournir des preuves à la police du harcèlement dont elle est victime depuis le début de la procédure de divorce, il y a quelques mois. Elle a également contacté un huissier de justice pour venir constater les faits.
 
Youssef Tazi est arrivé accompagné d’un groupe d’une centaine de personnes. Ils sont venus à bord de voitures et de camionnettes, armés de pelles et de bâtons. Certains étaient même cagoulés.
 
Une partie des assaillants ont forcé la porte d’entrée tandis que les autres ont escaladé les murs de la maison. Ma sœur et mes parents ont accouru, ainsi que trois gardiens et un ami de la famille. Ils se sont défendus, comme on le voit sur la vidéo. Ma sœur et notre ami ont d’ailleurs été légèrement blessés. L’attaque a duré une vingtaine de minutes, puis ils ont pris la fuite. Mais les gardiens ont réussi à en bloquer quelques-uns qu’ils ont livrés à la police.
 
Après l’interrogatoire mené par la police, nous avons appris qu’une trentaine de ces hommes étaient des ouvriers que mon beau-frère embauchait depuis quelques années sur ses chantiers. Quant au reste, ce sont des voyous qu’il a recrutés dans le quartier "Attakadom", une cité populaire où on a l’habitude d’aller chercher des ouvriers qu’on paye à la journée. Youssef Tazi leur a dit qu’un groupe d’individus avait squatté sa maison et qu’il avait besoin d’hommes pour les déloger. Les ouvriers ne s’attendaient donc pas à ce que nous appelions la police. Cela leur a fait peur.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira (@SarraGrira), journaliste à France 24.