Observateurs
Ce matin sur le lieu du meurtre. Photo Bel Fekih Amine.
 
Chokri Belaïd, l'un des leaders de la coalition d'opposition Front populaire, a été tué par balles ce matin, à Tunis. Bel Fekih Amine habite juste au-dessus de la scène du crime et a commencé à filmer immédiatement après l'attaque.
 
La femme de l’opposant a annoncé qu’il avait été touché par deux balles devant son domicile situé dans le quartier El Menzah VI. Son frère a, quant à lui, immédiatement accusé Ennahda, le parti islamiste au pouvoir, d’être responsable du meurtre. Le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali, a dénoncé un "acte de terrorisme" contre toute la Tunisie et promis de tout faire pour que retrouver les coupables.
                   
Personnage médiatique très critique avec le gouvernement actuel, Chokri Belaïd avait rejoint il y a quelques mois une coalition de partis, le Front populaire, qui se pose en alternative au pouvoir en place.
             
Plusieurs partis d'opposition et des syndicalistes ont accusé, ces derniers mois, des milices pro-islamistes d'orchestrer des heurts ou des attaques contre les opposants politiques ou leurs bureaux.
 
Quelques minutes après les coups de feu, notre Observateur a filmé la scène de chez lui. L'ambulance est sur place.
 
 

"Sa femme a crié : 'Ils l’ont tué, ils l’ont tué'"

Bel Fekih Amine habite le quartier d'El Menzah VI, à Tunis.
 
J’étais en train de prendre mon petit déjeuner. À un moment, j’ai entendu quatre tirs. Je n’ai pas réagi tout de suite parce que je ne pensais pas qu’il s’agissait de coups de feu. Environ cinq à sept minutes après, j’ai entendu des cris : "Ils l’ont tué, ils l’ont tué". C’était sa femme. Je me suis précipité vers le balcon et j’ai vu son corps gisant par terre.

Quand j’ai commencé à filmer, l’ambulance était déjà sur place. Les secours sont arrivés rapidement car le centre de la protection civile se trouve à quelques dizaines de mètres seulement de la maison.
 
 
La police scientifique sur les lieux, ce matin.