Observateurs
 
Sur ces images, des Allemands encagoulés détruisent une à une des caméras de surveillance installées dans des espaces publics de Berlin. L’objectif de l’opération CAM OVER [la fin des caméras] est d’en neutraliser le plus possible avant le Congrès européen de la police qui débute le 19 février dans la capitale. Une stratégie contreproductive pour notre Observateur qui milite pourtant, lui aussi, contre ces techniques de surveillance.
 
Vidéo diffusée par CAM OVER
 
Sur leur site, les activistes de CAM OVER expliquent que les caméras de surveillance permettent à la police de discriminer certains groupes de personnes, et notamment les jeunes qui seraient, selon eux, automatiquement perçus comme des "criminels". Ils encouragent un maximum de personnes à participer à ce qu’ils présentent comme une "compétition" qui se terminera avec l’ouverture du Congrès.
 
Le débat sur les caméras de surveillance a été relancé en décembre après une tentative manquée d’attaque à la bombe dans une gare de Bonn. Les caméras n’ayant pas la possibilité d’enregistrer, aucun film du moment où le sac piégé a été déposé n’existe. Après cet incident, le ministre de l’Intérieur a appelé à renforcer l’utilisation des caméras de surveillance dans les espaces publics du pays.
 
Le ministère de l’Intérieur avait précédemment publié un rapport mettant en évidence les liens entre la présence de caméras et la diminution de la criminalité dans le land de Hesse, qui aurait baissé de 19 5% entre 2010-2011 dans les zones où des caméras ont été installées.
 
Contacté par France 24, le coordinateur du Congrès européen de la police, Martin Jung, explique que "les Allemands acceptent de mieux en mieux l’idée que les caméras de surveillance influent sur la criminalité et aident à retrouver les criminels."

"Nous préférons poser la question : 'Existe-t-il un droit d’être tranquille ?' "

Michael Ebeling habite Hanovre, il est bénévole pour AK Vorrat, un groupe local qui s’oppose aux caméras de surveillance. Il fait aussi partie de Freedom not Fear, un réseau européen d’organisations qui s’opposent aux techniques de surveillance.
 
Je ne peux que comprendre ce qui met en colère les militants de CAM OVER. Mais leur stratégie n’est pas la mienne, moi j’ai choisi la non-violence.
 
Au tout début d’AK Vorrat, il y a cinq ans, je me suis déguisé en caméra géante avec une poubelle et de vieux meubles. Et j’ai sillonné comme ça les rues de la ville. Aujourd’hui, d’autres bénévoles ont pris le relais.
 
Michael en caméra dans les rues d’Hambourg, en Allemagne le 29 décembre 2012.
 
L’idée, c’est de ne pas dire un mot et de suivre, écouter et fixer les passants, comme le font les caméras. Certains vous ignorent, d’autres se mettent à jouer avec vous. Mais même ceux qui tentent de vous ignorer finissent par changer d’attitude après quelques minutes.
 
L’idée, c’est de ne pas dire un mot et de suivre, écouter et fixer les passants, comme le font les caméras. Certains vous ignorent, d’autres se mettent à jouer avec vous. Mais même ceux qui tentent de vous ignorer finissent par changer d’attitude après quelques minutes.
 
Derrière la caméra nous avons écrit : “Existe-t-il un droit d’être tranquille ?", une simple question, ouverte, qui a pour but de faire réfléchir les gens. On fait ainsi plus de bien que par des manifestations hostiles qui ne font qu’effrayer les gens. Je veux ainsi les convaincre petit à petit que la plupart de ces mesures de surveillances sont absurdes, mais représentent aussi une perte d’argent.
 
Des membres d’AK Vorrat placent une fausse ‘bombe’ devant le Parlement de basse Saxe à Hanovre, sous l’œil des caméras de surveillance; cliquez pour visonner la vidéo.
 
Les citoyens qui verront la vidéo CAM OVER ne vont pas comprendre le message – ils vont juste y voir des délinquants en cagoule. Cela aura peut-être même l’effet inverse, ils vont finir par vouloir plus de caméras. C’est contreproductif. Travailler sur la peur ne peut pas fonctionner.