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Capture d'écran d'une vidéo amateur montrant un policier en train de tirer au Taser sur le vacancier paliestinien. Postée sur YouTube le 22 août.
 
En tentant de s’interposer entre un policier et un jeune dans un parc d’attractions à Tel Aviv, un visiteur a fini par recevoir plusieurs coups de Taser de la part du policier. La scène, filmée par des amateurs, a provoqué une vague d’indignation en Israël.
 
Talal Sayyad, 42 ans, s’est rendu le 21 août avec son épouse et ses cinq enfants en compagnie de leurs amis au parc d’attractions aquatique Meymadion de Tel Aviv pour passer la fête de l’Aïd. Pendant sa visite, une bagarre éclate entre des visiteurs. D’après son récit, il tente alors d’intervenir auprès d’un policier qui venait, selon lui, de tirer au Taser sur l’un des fauteurs de trouble. Quelques secondes plus tard, c’est lui qui recevra cinq décharges de pistolet électrique sous les yeux de son épouse et de ses enfants.
 
Une partie de la scène a été filmée par des badauds et postée sur YouTube. Sur les images, on voit l’homme se faire "taser" et tomber au sol. Menotté par un agent de police, il tente ensuite de se relever et reçoit plusieurs autres coups de pistolet électrique tandis qu’une petite foule tente de convaincre l’agent de police d’arrêter. La police de Tel Aviv a démenti toute bavure indiquant que le film était "transformée d'une façon qui ne révèle pas l'entière réalité" ajoutant que "l'homme dans le film a attaqué le policier et interféré dans l'exercice de sa fonction." Le journal israélien Haaretz précise qu’il est interdit de "taser" un individu menotté.
 
Talal Sayyad a porté plainte le 23 août pour violences policières.
 
Attention : ces images peuvent choquer
 
 
 

"Je suis intervenu pour demander aux policiers de cesser de brutaliser ce jeune et d’effrayer les enfants"

  
Tout près de l’endroit où nous étions, une altercation a éclaté entre des membres de la sécurité du parc et un groupe de jeunes arabes - que j’ai reconnus à leur accent. Les gardiens voulaient les expulser parce qu’ils étaient en train de se bagarrer. J’ai essayé d’intervenir pour raisonner tout le monde et apaiser les esprits, sans succès. Les agents de sécurité étaient décidés à appeler la police. Je suis alors retourné auprès de ma famille.
 
Quelques minutes plus tard, alors que je m’apprêtais à emmener mon fils de 3 ans nager, j’ai vu un policier asperger de gaz un des jeunes qui essayait de s’enfuir, puis il l’a 'tasé'. C’était une scène choquante. Il y a avait des familles autour. Je suis allé demander aux policiers de cesser de brutaliser ce jeune et d’effrayer les enfants. Je lui ai crié : 'Qu’est-ce que vous faites ? Vous allez tuer ces enfants' [la police israélienne affirme de son côté être intervenue parce qu’il y avait  'une dispute générale entre deux familles et plusieurs personnes ont été blessées']. Mais, à ma grande surprise, l’un d’eux a pointé son Taser dans ma direction alors que je tenais encore mon fils par la main. J’ai ramené mon enfant auprès de sa mère et je suis revenu parler au policier parce que j’étais indigné, je ne pouvais pas me taire.
 
"Jamais je n’ai reçu un tel choc psychologique"
 
C’est à comment-là que j’ai reçu un coup de Taser, puis d’autres ont suivi. En tout, j’ai reçu cinq décharges. Choquées, quelques autres personnes ont essayé de s’interposer, mais en vain. Certains ont crié au policier quand il m’a envoyé une décharge alors que j’essayais de me relever : 'Arrête ! Tu es fou ? Il a les menottes aux poignets, tu n’as pas le droit'. D’autres disaient : 'Ils sont en train de te filmer, espèce d’idiot !' Mon ami tenait fermement mon fils de 14 ans pour l’empêcher de venir à mon secours. Il craignait qu’il ne soit à son tour 'tasé'.
 
Je suis certain que la police m’a brutalisé parce que je suis un Arabe. Sinon, comment expliquez-vous qu’ils n’aient rien fait aux autres personnes qui leur criaient dessus ? C’est ce genre de comportement qui nourrit la haine entre juifs et Arabes. Comment voulez-vous que j’explique à mes enfants ce qu’ils viennent de voir ? Je ne peux pas leur mentir et leur dire qu’il s’agit d’un jeu.
 
J’ai à plusieurs reprises été battu par les forces de sécurité israéliennes parce que j’ai participé à la première et la deuxième Intifada, mais jamais je n’ai reçu un tel choc psychologique. Aujourd’hui, je me remets peu à peu de mes brûlures au ventre et des nausées dues aux décharges. Je vais me rendre dimanche au ministère de la Justice, où j’ai déjà porté plainte, avec des témoins et la vidéo de la scène qui prouveront que j’ai été agressé. Je veux que justice me soit rendue.