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Le village de Honoi Lama en Papouasie-Occidentale (Indonésie) a subi la semaine dernière un raid de militaires déchaînés qui ont brûlé des habitations et tiré à balles réelles sur des civils. Une vengeance, après le lynchage de deux soldats par les villageois, qui dénote la tension toujours extrême entre les soldats indonésiens et les populations autochtones.
 
 
A l'origine de ce déchaînement de violences, la mort d'un enfant de 3 ans, percuté mortellement le 6 juin par une moto conduite par deux militaires de l’armée indonésienne. Des villageois, témoins de la scène, avaient attaqué ces deux soldats, tuant le premier et blessant gravement le second. En représailles, plusieurs hommes du bataillon de Wamena, la principale ville de la région, ont débarqué dans le village pour y mener une féroce répression. Selon West Papua Media, un site d'activistes papous, les militaires ont ouvert le feu sur les habitants et incendié des dizaines de bâtiments et de véhicules.
 

 
Selon la presse indonésienne, un villageois a été tué dans l’attaque de l’armée. Les activistes sur le terrain parlent quant à eux de 9 morts et de 19 blessés graves, un bilan non définitif, affirment-ils. Le Conseil législatif de Papouasie, une instance représentative des populations autochtones de l’île, a immédiatement réclamé une enquête aux autorités indonésiennes, tandis que le porte-parole du commandement militaire de Papouasie niait tout simplement qu’une attaque ait eu lieu. 
 
 
Depuis qu’ils ont été rattachés contre leur gré à l’Indonésie (l’ancienne colonie des Pays-Bas est devenue en 1969 une province indonésienne après un référendum considéré comme "truqué" par les habitants), les Papous occidentaux sont régulièrement victimes de violences et de discriminations de la part de l’armée indonésienne. Les activistes papous affirment que les soldats indonésiens les considèrent et les traitent comme des sous-hommes. Au nom de sa lutte contre la guérilla séparatiste papoue - l’Organisation pour une Papouasie libre (Organisasi Papua Merdeka OPM) - l’armée a massacré des villages entiers, accusant ces populations de soutenir les indépendantistes.
 
 
Les photos ont été publiées sur le site de West Papua Media