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Des dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi 22 mai dans les rues de Montréal, au Canada, pour marquer le centième jour du conflit étudiant, né de la hausse des frais de scolarité (+ 75 % sur les cinq prochaines années) décrétée par le gouvernement québécois du Premier ministre Jean Charest. La colère des manifestants – une foule composée d’étudiants, de syndicalistes mais aussi de sympathisants du mouvement – est montée d'un cran après le 18 mai, jour de l'adoption par les parlementaires québécois d'une loi spéciale visant à  restreindre le droit de manifester.
 
Le même jour, les forces de l'ordre ont dispersé à coups de matraque et de grenades assourdissantes une autre manifestation, la 29e marche nocturne quotidienne qui rassemblait environ deux mille personnes autour des mêmes thèmes. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, a précisé la police, en majorité pour "attroupement illégal" et port de masques, désormais interdit. Auparavant, quelques bouteilles avaient été jetées sur les policiers.
 
La loi spéciale (ou Loi 78) contraint les organisateurs de manifestations de plus de 50 personnes à soumettre à la police, au moins huit heures à l'avance, la trajectoire du rassemblement, au risque de lourdes amendes pour les contrevenants (1 000 à 5 000 dollars par jour, soit environ 5 300 à 27 000 euros). Les organisations seraient, quant à elles, sanctionnées à hauteur de 25 000 à 125 000 dollars (19 000 à 95 000 euros) et du double en cas de récidive.
 
 Vidéo du rassemblement du 22 mai à Montréal.