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Capture d’écran de “Top Goon : le journal d’un petit dictateur”

Attention, ces marionnettes-là ne sont pas pour les enfants. Créées clandestinement par un groupe d’artistes en Syrie, elles mettent en scène, depuis une dizaine d’épisodes, les aventures du président Bachar al-Assad, alias Beeshu.

“Top Goon (Top voyou) : le journal d’un petit dictateur” connaît un véritable succès sur le web syrien depuis sa création en novembre 2011. La série a même remporté un prix au Human Rights Film Festival du Caire organisé en décembre par le Congrès islamique américain.
 
Autour de Beeshu, héros de l’histoire, on trouve la marionnette "Rose de Damas", celle du "manifestant pacifique" et enfin "Shabih", l’acolyte militaire, manipulateur et diabolique du président Beeshu. Le nom Shabih faisant référence aux "chabiha", les milices armées qui soutiennent le régime de Bachar al-Assad. Teinté d’un humour piquant, chaque épisode met en scène le combat acharné du petit dictateur, aussi benêt que buté, pour faire taire les manifestants alors qu’il désespère de ne plus être l’homme le plus aimé du pays.

Dans le premier épisode intitulé "Les cauchemars de Beeshu", le président se réveille en sursaut après avoir rêvé de la chute de son régime. Shabih apparaît à ses côtés et tente de le rassurer. Et alors qu’il borde Beeshu dans son lit, il entonne une berceuse pour l’endormir : "Je tuerai tout le peuple syrien".
 
Vidéo postée sur YouTube par MasasitMati.
 
 
Dans l'épisode ci-dessous, Beeshu est en compétition avec Hosni Moubarak et Mouammar Kadhafi dans un jeu télévisé intitulé "Qui veut tuer un million ?" (en anglais)
 
 
Pour l'anniversaire de Beeshu, son père décédé, Hafez al-Assad, fait une apparition et gronde son fils pour sa gestion trop molle de la contestation. Il lui reproche, entre autres choses, de danser sur les slogans anti-régime. (en anglais)
 
 
Les scénarios sont conçus en Syrie, mais la série est tournée à l'étranger.