Photo du nettoyage postée sur Twitpic par @jwerdigier
 
Après une troisième nuit de violences , des citoyens londoniens se sont munis de gants, de balais et de sacs poubelle pour redonner son lustre à la capitale anglaise.
 
Grâce aux réseaux sociaux , tôt ce matin, des citoyens se sont donné rendez-vous dans les quartiers où, quelques heures auparavant, s’affrontaient policiers et émeutiers. Les appels à nettoyer les débris de vitrines brisées se sont multipliés sur Twitter à travers les hashtag #riotcleanup ou #riotwomble (une référence aux "wombles", des créatures écolos issues d’un programme télé pour enfants dans les années 80). Le site riotcleanup.com a par ailleurs été créé pour coordonner les opérations de nettoyage et communiquer les points de rendez-vous.
 
Et chacun essaie d’apporter son savoir-faire à la communauté : un groupe d’hommes à tout faire a proposé d’aider gratuitement les commerçants qui auraient besoin de faire des réparations dans leurs locaux  et des ouvriers offrent bénévolement leur aide à travers la page Facebook Les bénévoles de Londres.
 
Tous ces bons samaritains pourraient reprendre du service dès demain matin, puisque la police vient d’annoncer que les émeutes ont fait une nouvelle victime. Un homme se serait fait tirer dessus dans sa voiture, de quoi remettre de l’huile sur le feu.
 
Mardi matin, des appels ont été lancés à Hackney afin que les habitants aident à nettoyer le quartier. Video posté par  Clean Up London
 
Une armée de citoyens se prépare à nettoyer le quartier de Clapham dans le sud de Londres. Photo postée surTwitpic par @Debenhams.
 
 Dans le quartier de Clapham. Photo postée sur Twitpic par @HeardinLondon.

"Ce matin, je me suis dit, 'ce n’est pas ma ville'. Et voir des habitants nettoyer les rues ça m’a redonné espoir"

Ruwayda Mustafah, blogueuse, vit à Wandsworth, au sud de Londres.
 
Ici à Londres, les habitants ne savaient pas quoi faire. On se sentait complètement impuissants. On ne peut évidemment pas sortir pour se confronter aux jeunes émeutiers. Ce nettoyage, c’est un moyen de dire que nous sommes contre les émeutes et que nous aimons notre ville. Ça permet d’aller de l’avant.
 
La nuit dernière a été terrifiante. J’ai passé des heures à ma fenêtre à regarder le centre commercial qui se trouve de l’autre côté de la rue. J’ai dû appeler les policiers deux fois afin qu’ils interviennent contre les jeunes venus piller les magasins. Les récents événements ont été catastrophiques pour les commerces du quartier, et notamment les petites boutiques qui ont beaucoup plus à perdre.
 
"Les pauvres doivent désormais payer le prix de ces saccages"
 
Ce matin, quand j’ai vu les images des dégâts de la nuit de violence, je me suis dit 'ce n’est pas ma ville'. Mais plus tard, les habitants se sont mis à nettoyer les rues et ça m’a vraiment redonné espoir. Je suis allé dans le quartier de Clapham Junction, à dix minutes de chez moi. Les rues étaient jonchées de bris de verre car toutes les vitrines des magasins avaient été vandalisées. Beaucoup d’habitants sont sortis équipés de gants, de sacs poubelle, certains avaient même prévu des encas. Et surtout, ils sont venus avec leur bon esprit. Par dizaines, nous avons aidé les équipes de nettoyage de la ville et très rapidement le quartier est redevenu propre
 
Les émeutiers ont voulu se faire entendre et nous les avons entendus. Quelque chose ne va pas dans notre communauté. Mais les violences doivent cesser, ça va trop loin. Les endroits les plus visés sont des quartiers pauvres où les gens doivent désormais payer le prix de ces saccages."
 
 
 
Photo postée sur Twitpic par @benjaminfgray.
 
Sur le chemin des opérations de nettoyage. Photo postée sur Twitpic par @tashanacom.