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Des arbres pris au piège des toiles d'araignées dans la vallée de Sindh. Photo : Russell Watkins / DFID.
 
Il y a près d’un an, le Pakistan était frappé par des inondations sans précédent. Parmi les conséquences de cette catastrophe, ces figures fantomatiques font certainement partie des plus étonnantes. 

Il a suffi d’une semaine en juillet 2010 pour que tombe sur le Pakistan l’équivalent de dix années de précipitations. Les pluies torrentielles ont fait des milliers de morts et 21 millions de sinistrés, tué des dizaines de milliers de têtes de bétail et provoqué plus de 7 milliards d’euros de dégâts.

Une étude de l’American Geophysical Union a récemment établi que les conséquences auraient pu être limitées si les autorités pakistanaises avaient su exploiter les données météorologiques dont elles disposaient quelques jours avant la catastrophe.  

Postées sur Flick par UK Departement for International development. Photo : Russell Watkins


Ces photos ont été prises dans la vallée du Sindh, située dans la province du même nom dans le sud- est du Pakistan. Parmi les zones les plus touchées, le Sindh est celle où la décrue a été la plus lente.
 

"Il ne s’agissait que de petites araignées inoffensives mais elles étaient très nombreuses"

 
Russell Watkins travaille au Département pour le développement international (DFID), une organisation gouvernementale britannique chargée de promouvoir le développement et de réduire la pauvreté. 
 
Je suis allé prendre ces photos en décembre 2010. On ne sait pas exactement quand est apparu le phénomène. Les habitants, qui avaient quitté la région en août, au moment des inondations, ont découvert ces arbres à leur retour en novembre 2010. Ils n’avaient jamais rien vu de tel auparavant.
 
Avec la montée des eaux, les araignées sont, petit à petit, instinctivement montées dans les arbres pour se protéger. L’eau a mis tellement de temps à redescendre que ces arachnides réfugiés ont fini par coloniser des arbres entiers. Et les toiles qu’elles ont tissées sont finalement devenues d’étranges curiosités. Il ne s’agissait que de petites araignées inoffensives, mais elles étaient très nombreuses.
 
"Les araignées auraient permis de réduire le nombre de contamination par la malaria"
 
Les habitants nous ont affirmé que ces toiles d’araignées auraient permis de piéger une grande partie des moustiques, particulièrement nombreux autour des zones marécageuses. Aucune vérification scientifique n’a été faite mais selon eux, elles auraient permis de réduire le nombre de contamination par la malaria.
 
Des collègues sont retournés sur les lieux dernièrement. Ils ont pu constater qu’avec le retrait des eaux, ainsi que le retour des pluies, les toiles d’araignées avaient commencé à disparaître. Mais les arbres, asphyxiés, n’ont pas survécu à l’invasion.
 
Aujourd’hui, il reste encore un million de personnes sans abri dans la région du Sindh. Nous travaillons toujours à la construction de logements et à l’acheminement de médicaments et de nourriture. C’est vraiment un travail de longue haleine.”
 

Toutes les photos ont été postées sur Flickr par UK Departement for International development. Photo : Russell Watkins
 
 
Billet écrit avec la collaboration de Ségolène Malterre, journaliste à FRANCE 24.