Cadavre d'un homme tué par l'armée de Laurent Gbagbo lundi 21 février dans le quartier de Koumassi à Abidjan. Image envoyée par l'un de nos Observateurs.
 
Quasiment trois mois après l'élection présidentielle, Laurent Gbagbo refuse toujours de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara. Lundi, trois manifestants venus accueillir le panel de médiateurs de l'Union africaine chargé de trouver une solution ont été tués à l'arme lourde. Depuis, Abidjan est le théâtre de violences. Nos Observateurs témoignent et appellent la communauté internationale à ne pas être attentive seulement au monde arabe.
 
Depuis lundi, Abidjan sombre dans la violence. Des affrontements entre les partisans d'Alassane Ouattara et les Forces de défense et de sécurité (FDS), loyales au régime Gbagbo ont fait au minimum dix morts parmi les civils. Mardi, une embuscade dans le quartier pro-Ouattara d'Abobo à Abidjan a tué entre dix et quinze gendarmes.

NOS OBSERVATEURS NOUS ENVOIENT DES DOCUMENTS SUR LA JOURNEE DU LUNDI
 
 

Les partisans d'Alassane Ouattara se dirigent vers l'aéroport lundi 21 février vers midi pour accueillir le panel de médiateurs.
 
 
De nombreux témoins évoquent ensuite l'usage de fusils kalachnikovs pour tirer dans la foule puis d'un lance-roquette depuis un char comme celui ci-dessus. Vidéo du 21 février envoyée par un de nos Observateurs à Abidjan. Un autre Observateur, nous raconte la suite.
Billet écrit en collaboration avec Paul Larrouturou, journaliste.
 
ATTENTION, CES IMAGES PEUVENT CHOQUER.
 
Vous êtes très nombreux à nous avoir fait parvenir la vidéo des cadavres démembrées de trois partisans d' Alassane Ouattara. Nous ne pouvons pas publier la vidéo telle quelle car ces images sont difficilement supportables.
Voici néanmoins trois captures d'écrans extraites de cette vidéo datant du lundi 21 fevrier en début d'après-midi.
Si vous désirez voir cette vidéo, cliquez-ici.
 
 
 

"Je demande à la communauté internationale de ne pas focaliser uniquement son attention sur les émeutes dans le monde arabe. Ici aussi, le sang coule."

Lookman habite à Abidjan. Il vit dans la peur depuis presque trois mois.
 
Lundi 21 février, vers midi, les jeunes pro-Ouattara du quartier de Koumassi Remblais à Abidjan s'étaient donnés rendez-vous devant la pharmacie Khaïra dans l'intention de converger vers l'aéroport de Port-Bouët pour soutenir les présidents membres du panel de l'Union africaine chargé de tenter une médiation.
 
Vers 12h40 ,les FDS (les forces de défense et de sécurité) fidèles au président Laurent Gbagbo arrivent sur les lieux pour disperser les pro-Ouattara. Pour arrêter la progression des jeunes, l'armée de Laurent Gbagbo a ouvert le feu sur la foule avec des fusils kalachnikov. Ils ont également utilisé un lance-roquette.  Deux jeunes sont morts sur le coup. Un troisième sur le chemin du CHU de Treichville. J'ai aussi pu voir de nombreuses personnes gravement brûlées. En riposte, les jeunes ont alors incendié des voitures dans un parking voisin.
 
Je demande à la communauté internationale de ne pas focaliser uniquement son attention sur les émeutes dans le monde arabe. Ici aussi, le sang coule. On ne peut pas bouger. On ne peut pas travailler. On a vraiment peur.