Lorsqu’ils sont montés dans un wagon réservé aux femmes, ces hommes s’attendaient à être accueillis, comme toujours, par quelques réprimandes. Mais cette fois, ils ont pris une volée...
 
Vidéo postée sur MapYourMoments par Muppet, le 26 novembre.
 
Cette vidéo postée sur YouTube a fait un tel buzz sur Internet qu’elle a été reprise le 26 novembre dernier sur plusieurs chaînes de télévision indiennes. La scène se passe à la station de métro de Gurgaon, dans la banlieue de New Delhi. Quelques hommes tentent d’entrer dans la rame réservée aux femmes et sont frappés par les voyageuses. Ils sont ensuite poussés hors du train par des policiers en civil. À la fin de la vidéo, on voit qu’on les contraints à s’accroupir avec les mains sur la tête, une punition habituellement réservée aux enfants, en Inde.
 
Le métro de New Delhi a inauguré des rames réservées aux femmes en octobre dernier, à la suite de plaintes répétées de voyageuses victimes de harcèlement.
 
Cette vidéo a suscité plusieurs types de réactions sur la Toile indienne. Beaucoup d’internautes affirment que ces hommes ont reçu le traitement qu’ils méritaient. D’autres, en revanche, condamnent le tabassage dont ils ont fait l’objet, expliquant qu’il aurait suffit de leur infliger l’amende de 200 roupies (3,3 euros) prévue pour cette infraction. Certains se demandent enfin s’il s’agit bien de passagers du train qui s’en prennent aux intrus, ou s'il ne s'agit pas plutôt de femmes policiers en civil. Nos Observateurs pensent qu’il pourrait en effet s’agir d’une mise en scène à l’attention des médias.

"La police indienne met parfois en scène des opérations médiatiques comme celle-ci pour montrer qu’elle n’est pas nonchalante"

Arpan Banerjee est avocat à New Delhi, spécialiste en droit des médias.
 
Il arrive que la police indienne mette en scène des opérations médiatiques comme celle-ci pour montrer qu’elle n’est pas oisive. Je soupçonne que certains journalistes aient été mis au courant de cette mise en scène parce qu’avant même que les hommes entrent dans le wagon, on voit des flashs d’appareils photo.
 
Par ailleurs, les policières semblent jeter des coups d’œil en direction de ces flashs. Et entre la seconde 0’50 et la seconde 0’53, on aperçoit un appareil photo de professionnel. A mon avis, la personne qui a tournée cette vidéo est un professionel [l'enchainement des plans paraissent trop stables pour être tournés par un amateur], même si la caméré ne l'était pas. Il ait fort possible que la police ait prévenu qu'elle ne voulait pas de grosses caméras sur les quais lors de l'opération."
 
 
Vidéo postée sur YouTube par amitsheshma. À partir de 0’32, la scène est tournée par une caméra différente. Cette vidéo montre le reste du compartiment, avec des passagères qui regardent l’opération en souriant.

"Cette correction est une bonne chose. Elle leur apprendra à traiter les femmes avec respect"

Abhishek Khanna vit à New Delhi. Il écrit pour le blog The Furorbiker.
 
Les wagons réservés aux femmes sont indispensables à Delhi. Aux heures de pointe, il y a énormément de monde dans le métro et certains profitent de la situation pour toucher furtivement les passagères. Permettre aux femmes d’avoir leur propre espace est une très bonne décision. Quand ces compartiments ont été créés, il y a eu un énorme effet d’annonce et les médias n’arrêtaient pas d’en parler.
 
Tout le monde sait donc que leur accès est interdit aux hommes. Mais certains enfreignent ouvertement la loi, font les machos et les femmes sont obligées de se taire. Cette correction est une bonne chose. Elle leur apprendra à traiter les femmes avec respect.
 
Personne ne sait qui est l’auteur de cette vidéo, mais la plupart des gens pensent qu’elle a été tournée par un passager. Il n'en demeure pas moins que les habits de ces femmes font franchement penser à la tenue des policiers. Elles ont les cheveux courts ou attachés et l’air discipliné. En outre, celles-ci sont trop brutales pour être de simples étudiantes ou des employées qui se rendent au bureau. Elles semblent par ailleurs habituées à frapper. J’ai vraiment l’impression qu'il s'agissait de policières postées dans les wagons pour assurer la protection des passagers.
 
Billet rédigé en collaboration avec Lorena Galliot, journaliste à FRANCE 24.