Observateurs
 
Des manifestations sont organisées depuis ce week-end dans différentes régions de Tunisie pour protester contre la répression des émeutes de Sidi Bouzid. Un mouvement qui touche aussi Tunis, la capitale, où plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées cet après-midi.
 
Depuis la tentative d’immolation d’un jeune homme qui dénonçait la précarité et le chômage, le 17 décembre, la ville de Sidi Bouzid (centre-ouest du pays) est en ébullition.
 
Après une semaine de manifestations et d’affrontements, la police tunisienne a fini par tirer sur la foule, faisant un mort, vendredi 24 décembre. Deux jeunes chômeurs se sont par ailleurs suicidés en signe de protestation. Le premier, mercredi, s’est électrocuté sur un pylône. Le second s’est jeté dans un puits dimanche soir.
 
Les incidents de Sidi Bouzid ont également enflammé les villes voisines, touchant, dimanche 26 décembre, Ben Guerdane, une ville du sud tunisien (près de la frontière libyenne).
 
Les autorités font mine d’ignorer ces manifestations, mais la population suit ces évènements sur la Toile ou par l'intermédiaire des chaînes d’information internationales.
 
Plusieurs manifestations de soutien ont été organisées ce week-end dans plusieurs villes du pays en signe de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid et pour dénoncer, de façon plus générale, le régime en place. Une manifestation a lieu en ce moment devant le siège de l’Union générale des travailleurs tunisiens, à Tunis.
 
Ce type de mouvement populaire est extrêmement rare en Tunisie, pays dirigé d’une main de fer depuis 1987 par le président Zine El Abidine Ben Ali.

"Ils nous ont frappés avec des matraques et nous ont même jeté des pierres"

Lina Ben Mhenni est blogueuse et activiste, à Tunis.
 
Nous étions environ 500, mais il y avait encore plus de policiers. Nous nous sommes rassemblés sur la place Mohamed-Ali, devant le siège de l’Union générale des travailleurs tunisiens. Le cortège a tenté de quitter la place, mais la police nous en a empêchés. Ils nous ont frappés avec des matraques et nous ont même jeté des pierres. Il y a eu quatre blessés, mais les policiers ne nous ont pas laissés les transporter à l’hôpital. Bien sûr, les manifestants ont été pris en photo et aucun journaliste n’a été autorisé à s’approcher du rassemblement."
 
Vidéos du rassemblement postées par Slim Amamou.
 
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarra Grira, journaliste à France 24.